Intitulé du document : Traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions
Le traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions est également réglementé par les fiches de l’OAP thématique pour la valorisation des axes paysagers structurants, à savoir :
- Fiche thématique 2.7 : Requalifier les entrées de village, - Fiche thématique 2.8 : Maintenir et conforter les points de vue, - Fiche thématique 2.9 : Faire perdurer les linéaires de haies pour conserver les ambiances bocagères
1 Les éléments protégés pour des motifs d’ordre écologique (L151-23 du Code de l’Urbanisme)#
Tous travaux ayant pour effet de détruire des haies, arbres, parcs et éléments paysagers, mares et fossés préserves en vertu de l'article L151-23 du code de l'urbanisme feront l'objet d'une déclaration préalable auprès du Maire.
Les haies préservées en vertu de l’article L151-23 du code de l’urbanisme ne pourront être arrachées ou détruites que dans les cas suivants :
- Création d’un nouvel accès à une parcelle agricole dans la limite maximale de 10 mètres sous réserve de la plantation d’un linéaire de haie d’essences locales figurant sur la liste annexée ; Sur une distance équivalente ou, en cas d’impossibilité, d’un arbre de haut-jet d’essence locale pour 5 mètres de haies arrachées ;
- Création d’un accès à une parcelle urbanisable, dans la limite maximale de 5 mètres, sous réserve de la plantation d’un linéaire de haie d’essences locales figurant sur la liste annexée. Sur une distance équivalente ou, en cas d’impossibilité, d’un arbre de haut-jet d’essence locale pour 5 mètres de haies arrachées ;
- Construction ou extension d’habitation ou d’annexes à une habitation sous réserve de la plantation, sur une distance équivalente, d'un linéaire de haie d'essences locales ou, en cas d’impossibilité, d’un arbre de haut jet d’essence locale pour 5 mètres de haies arrachées ;
- Construction ou extension d’un bâtiment agricole ou industriel (ou d’annexes à un tel bâtiment) sous réserve que celui-ci soit correctement intégré dans le paysage ;
- Travaux d’aménagement sous réserve de la plantation, sur une distance équivalente, d’un linéaire de haies d’essences locales figurant sur la liste annexée. Et à condition que l’aménagement soit correctement intégré dans le paysage ;
- Réorganisation du parcellaire sous réserve de la plantation, sur une distance équivalente, d’un linéaire d’essences locales figurant sur la liste annexée.
En cas d’arrachage, de destruction ou de mortalité des haies préservées en vertu de l'article L151-23 du code de l’urbanisme (naturelles, accidentelles ou volontaires) ces dernières devront obligatoirement être remplacées par des essences locales figurant sur la liste annexée.
Les arbres et arbustes plantés seront choisis parmi les essences locales figurant dans la liste annexée au présent règlement. Les accès aux parcelles et les constructions devront être à une distance suffisante (supérieur au houppier) des arbres préservés en vertu de l’article L151-23 du code de l’urbanisme. Lors des travaux, un périmètre de protection sera mis en place pour éviter de compromettre l’intégrité de l’arbre (branches et racines) : cadre en bois pour protéger le tronc sur une hauteur de 2 mètre et un périmètre correspondant au houppier. Tout arbre isolé, dans un verger ou dans un parc préservé en vertu de l’article L151-23 du code de l’urbanisme abattu avec autorisation, doit être remplacé par un sujet de circonférence de tronc mesurée à 1m du sol au moins égale à 25/30 cm, et de gabarit, à l’âge adulte, similaire (taille/essence/circonférence). Les exhaussements et affouillements des sols qui ne sont pas liés avec la revalorisation paysagère, écologique et hydraulique ne sont pas autorisés pour les mares, plans d’eau correspondant à d’anciennes carrières et fossés identifiés au plan de zonage au titre du L15123 du code de l’urbanisme. Tout aménagement dans un périmètre de 5 mètres autour de l’emprise d’une mare protégée au titre de l’article L151-23 du Code de l’Urbanisme doit participer directement à sa mise en valeur. Ainsi, dans la mesure du possible, toute nouvelle construction dans ce périmètre devra être évitée. Les prairies et mares préservées en vertu de l’article L151-23 du code de l’urbanisme ne pourront pas être détruites. Il pourra être fait utilisation de l’article R.111-12 du Code de l’Urbanisme après examen spécifique de chaque demande, déposée dans l’angle de vue d’un point de vue identifié sur le plan de zonage.
2 Les points de vue et entrée de village Il pourra être fait utilisation de l’article R.111-12 du Code de l’Urbanisme après examen spécifique de chaque demande, déposée dans l’angle de vue d’un point de vue identifié sur le plan de zonage.
3 Les espaces boisés classés Le classement interdit tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements. Nonobstant toutes dispositions contraires, il entraîne le rejet de plein droit de la demande d'autorisation de défrichement prévue au chapitre Ier du titre IV du livre III du code forestier. Les coupes ou abattages d'arbres isolés, de haies ou réseaux de haies et de plantations d'alignement sont soumis à déclaration préalable.
4 Les espaces de nature ordinaire Les surfaces libres de toute construction, notamment les marges de retrait, doivent être entretenues et/ou plantées.
Les arbres et arbustes plantés doivent être choisis parmi les essences locales figurant dans la liste annexée au présent règlement.
Au-delà de 20 places de stationnement regroupées, un arbre de haute tige (cf. liste des essences locales en annexe) doit être planté pour un équivalent de 4 places. Les plantations doivent être réalisées sous forme de bosquets et choisit parmi les essences locales figurant sur la liste annexée.
5 Le coefficient biotope de surface Objectifs :
Le coefficient de biotope par surface (CBS) ou coefficient de biodiversité, permet d’imposer une part minimale de surfaces non imperméabilisées ou éco-aménageables, pondérées en fonction de leur nature contribuant au maintien de la biodiversité, des paysages et à la maitrise de l’imperméabilisation des sols pour limiter les phénomènes de ruissellement.
Intérêts :
La mise en place d’un Coefficient de Biotope par Surface participe : à limiter les surfaces imperméables, à la gestion des eaux, aux plantations, à l’implantation de toitures végétalisées... Cela permet en mettant le maximum de points sur les plantations, la création de mares ou de noues de contribuer à la préservation de la biodiversité, des paysages et la lutte contre les risques de ruissellement sur les espaces économiques et les espaces agricoles possédant des intérêts paysagers et patrimoniaux.
Afin d’obtenir la Surface éco aménageable, il est indispensable d’établir les coefficients de valeur écologique. Il s’agit d’attribuer une valeur entre 0 et 1 aux types de surfaces aménagées. Les surfaces les moins perméables et les moins favorables à la faune et la flore seront proche de 0 (Béton, bitume, dallage…) et inversement, celles limitant le ruissellement et qui sont les plus favorables à la faune et la flore seront proches de 1 (Prairies, haies…).
Application dans le cadre du PLUi de la CCPM :
Proposition de Coefficient de valeur écologique à attribuer selon les types de surface sur des éléments déjà présents sur le territoire et dont la mise en œuvre est facile (exemple : haies, arbres…).
Surface éco-aménageable
Description
Surfaces imperméables
Surfaces perméables non végétalisées
Cultures
Surfaces perméables végétalisées
Espaces verts de pleine terre, prairies, haies, alignement d’arbres Zones humides, mares, noues végétalisées
Façades vertes, murs de clôtures et de soutènements verts Toitures végétalisées extensives
Revêtement imperméable pour l'air et l'eau, sans végétation (ex : béton, bitume, dallage mortier) Revêtement perméable pour l'air et l'eau sans végétation (ex : dallage mosaïque, dallage avec gravier/sable) Culture de plein champ (ex : maraichage, grande culture) Revêtement perméable pour l'air et l'eau, infiltration d'eau de pluie avec végétation (ex : cheminement mixte, dalles engazonnées, pavés filtrants…)
Continuité de la terre naturelle, disponible au développement de la flore et la faune
Aménagements axés sur le développement de la flore et la faune
Tous les murs, les parois de clôtures, ou encore de soutènement végétalisés
Végétalisation des toitures avec des végétaux à enracinement superficiels
Type de végétation
Aucune
Aucune
Culture
Essences locales
Essences locales Essences locales Essences locales Mousses, sedums, herbacées
Coefficient de valeur écologique 0 0,25 0,5 0,6 1 1 0,5 0,5
Toitures végétalisées intensives et jardins sur toits plats
Végétalisation des toitures avec des végétaux d’essences locales à enracinement profond
Herbacées, arbustes, arbres 0,7 · A ajouter au CBS · Bonus · Pour un arbre ou un arbuste planté · Essences locales 0.01
Pour un gite à faune ou ruche installé
-
0.03
Ces coefficients de valeur écologique sont à multiplier par la surface aménageable souhaité dans le projet donnant la surface éco-aménageables. Dans le cas d’un projet présentant plusieurs types de surface (prairie, béton, gravier…), la somme totale des surfaces écoaménageables est à réaliser. A ce résultat peuvent être ajoutés des bonus (nouveaux arbres et arbustes ou gites à faune) qui permettent d’atteindre le coefficient fixé.
Le CBS se calcule selon la formule suivante :
CBS = (Surface éco-aménageable / Surface de la parcelle) + Bonus.
Le Coefficient de Biotope par Surface proposé est de 0.6 pour les zones Ap, AUE et UE dans le PLUI de la CCPM. Ce coefficient de biotope a été défini grâce à l’analyse de plusieurs cas pratiques (bâtiments agricoles et bâtiments d’activités). Concernant les travaux de réhabilitation et de changement de destination, ils ne sont pas soumis au CBS.
Le calcul de CBS devra se faire uniquement sur les parcelles cadastrales impactées par le projet. Il sera donc indispensable de préciser sur le permis de construire uniquement les parcelles cadastrales impactées dans le projet.
Dans le cas où le CBS calculé est inférieur à 0.6, des aménagements devront être réalisés sur la surface du projet afin d’atteindre un coefficient CBS de 0.6.
Ces aménagements seront à indiquer directement dans le permis de construire ou la déclaration préalable de travaux. Une fois les travaux commencés, les aménagements seront à réaliser dans les deux ans qui suivent.
Si la surface du projet est de petite dimension et qu’il n’est pas réalisable de faire des aménagements pour atteindre le coefficient de 0.6, il est alors possible d’effectuer ces aménagements sur une zone à proximité immédiate du site d’exploitation (Une carte des limites de propriété par rapport à la zone de projet est alors essentielle pour l’élaboration des futurs aménagements). Certains aménagements comme les gites à faune ne demandent pas de surface supplémentaire et pourront être proposés.
L’application du Coefficient de Biotope par Surface sur les projets de territoire de la CCPM pourra se faire avec l’aide technique des services du Parc notamment en cas de non atteinte du CBS recommandé.
En cas d’impossibilité technique pour des aménagements visant à atteindre le CBS recommandé, une diminution de ce dernier pourrait être envisagée au cas par cas. Ces impossibilités techniques pourraient être par exemple :
- L’existence d’un sol artificiel lié à des ouvrages publics
- La configuration du bâti historique sur la parcelle
- L’incompatibilité des caractéristiques géophysiques du sous-sol
- La présence d’un patrimoine archéologique
Pour tout projet devant appliquer le CBS, la CCPM transmettra :
- La note technique du Coefficient de Biotope par Surface
- Un formulaire de calcul brut sous forme écrite ou logiciel (fichier Excel), ces documents pourront être mis à disposition en ligne
- Un exemple expliquant un projet atteignant le CBS recommandé
- Un exemple expliquant un projet n’atteignant pas le CBS recommandé et les aménagements prévus.
A noter :
Les calculs se faisant en m² les linéaires de haies doivent être convertis en surface. Cette surface est à adapter selon le type de haies présent (haie basse ou haie vive). Ainsi, il suffit de multiplier le linéaire de haie par son emprise au sol (en général de 1 à 2 m de large) pour obtenir une surface de haies en m².
Le coefficient de biotope doit être calculé de manière cohérente au sein d’un ilot et en lien avec les éléments aux abords. En effet, les aménagements suite à l’application du coefficient de biotope doivent être pensés et appliqués comme un réseau, une continuité. Il est reconnu qu’un espace fragmenté sera moins riche qu’un espace un seul tenant, que ce soit en matière de corridors et d’habitats ou en services écosystémiques.