Intitulé du document : AN4 : QUALITE URBAINE, ARCHITECTURALE, ENVIRONNEMENTALE ET PAYSAGERE
Dispositions générales Au titre de l’article R111-21 du Code de l’urbanisme, les constructions à édifier ou à modifier ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l’intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu’à la conservation des perspectives monumentales. Elles doivent présenter une unité d'aspect et de matériaux compatible avec la bonne économie de la construction et la tenue générale de l'agglomération. Ainsi, la conception des constructions devra assurer une continuité harmonieuse avec les bâtiments existants (aspect des matériaux et modénature de façades notamment), essentiellement dans le cas de bâtiments accolés. Les architectures extra-régionales (néoprovençale par exemple) sont interdites.
Le permis de construire peut-être refusé si les travaux projetés sont de nature à rompre l'harmonie de l'ensemble.
Les constructions annexes et aménagements extérieurs (clôtures, murs de soutènement, rampes d’accès, etc.) doivent être conçus de manière à épouser au maximum le terrain naturel et privilégier les mêmes matériaux et avec le même soin que les constructions principales.
Préservation des caractéristiques architecturales remarquables
Les constructions existantes qualitatives et représentatives d’une époque (avant 1950) préserveront leurs caractéristiques architecturales témoignant de leur typologie, de leur époque de construction et des mises en œuvre traditionnelles anciennes :
- Pour les toitures : préservation des matériaux d’aspect traditionnel, notamment la petite tuile plate et l’ardoise, des détails architecturaux (crêtes de toit, épis de faîtage,), des cheminées et des lucarnes anciennes dans leur forme et leurs matériaux d’origine.
- Pour les façades : mise en valeur des matériaux et des enduits d’aspects traditionnels, préservation des éléments de modénature en brique, pierre ou plâtre, conservation des dates, inscriptions et éléments de décor ou de ferronnerie anciens.
Jusqu’au début du XIXe siècle, la ville de Montluçon est limitée à la ville médiévale dans ses anciens remparts et ses faubourgs. L’emprise urbaine s’est peu développée depuis le Moyen-Âge. La ville va connaître un siècle d’expansion considérable, dans le méandre du Cher autour de la butte de la vieille ville pour les populations plus bourgeoises, sur la rive droite dans le quartier de Ville-Gozet et dans des ensembles au contact des grandes industries installées au nord de la commune pour les populations plus populaires et ouvrières, puis, à partir des années 1920 sur tout le territoire communal. La ville présente ainsi des secteurs bâtis caractéristiques de ces différentes périodes historiques et architecturales.
L’architecture Art Déco est visible partout à Montluçon, dans des bâtiments publics comme des maisons individuelles bourgeoises à modestes ou des immeubles collectifs. Elle est en partie influencée par les productions de Pierre Diot, architecte municipal de la première moitié du XXe siècle, qui marqua de son empreinte la ville de Montluçon avec 1500 constructions publiques comme privées réalisées dans toute l’agglomération. Jusqu'aux années 1920, il construit des bâtiments dans un style « exotique » original, où apparaissent des influences indochinoises, faisant penser à l’architecture des pagodes. Il utilise abondamment les décors de céramique, ainsi que le bois pour les balustrades. Les bains-douches de la Ville-Gozet, construits en 1928, témoignent ainsi d’une architecture Art Déco originale, colorée et teintée d’orientalisme, propre à Montluçon et dont l’influence se retrouve dans bien des maisons particulières (débords de toit, décors en terre cuite vernissée, etc.).
Dans les années 1920 et 1930, Diot construit des bâtiments plus conformes au style Art Déco classique, plus pur et rigoureux, privilégiant les lignes et les angles droits et des façades moins chatoyantes.
Néanmoins la présence de la couleur et la richesse de l’ornementation sont des caractéristiques fortes de l’architecture Art Déco montluçonnaise.
Des formes géométriques rigoureuses et le jeu des volumétries L’architecture Art Déco, après les courbes et contre-courbes de l’Art Nouveau, revient à des formes géométriques plus pures – le cube, le cylindre, le triangle, l’hexagone ou l’octogone – composées à travers un jeu de volumétries architecturales rigoureux, souvent symétrique. Les façades prennent un caractère plus massif et imposant, que des éléments comme des petits pignons, des demi-croupes, des bow-windows ou des jeux de balcons ou terrasses viennent animer et adoucir.
Des volumétries massives et rigoureuses, animées par les balcons, les angles coupés droits et les bow-windows.
La couleur Si l’Art Déco des grands bâtiments officiels est souvent traité dans la blancheur rappelant ses racines classiques, à Montluçon cette architecture apporte de nombreuses touches de couleurs dans le tissu urbain, peut-être sous l’influence de Pierre Diot. Les enduits ocre jaune ou rouge, mais aussi roses ou bleus, signalent les constructions dans le paysage bâti. Souvent traités à la tyrolienne leur donnant un grain particulier, ces enduits peuvent soit couvrir entièrement la façade soit être structurés en compartiments alternant avec des parties plus claires et plus lisses. La couleur est aussi mise en valeur par l’utilisation de matériaux colorés comme la brique ou la terre cuite vernissée formant des décors en façade.
La couleur dans les enduits et les décors
L’utilisation de nouveaux matériaux comme le béton et le jeu avec les matériaux traditionnels (pierre et bois) L’Art Déco se distingue également par l’utilisation de matériaux nouveaux pour l’époque, notamment le béton blanc, mis en œuvre pour la construction mais aussi sous des formes moulées (garde-corps, décors de façade). Il peut être utilisé en contraste avec des matériaux plus traditionnels, comme la pierre ou la brique, dans de savants jeux de couleurs et de texture, ou traité dans des formes évoquant des mises en œuvre traditionnelles comme le pan-de-bois.
Le béton blanc en structure et en ornementation : bow-window, colonnes, garde-corps, faux pans-de-bois, moulurations et cannelures…
Garde-corps en béton blanc caractéristiques du style Art Déo Tapis de mosaïque à l’entrée de l’immeuble Art Déco à l’angle de l’avenue Marx Dormoy et de la rue Achille Allier
Fiche Architecture Art Déco De nombreux exemples d’architecture Art Déco à Montluçon
Pavillons, villas, immeubles et bâtiments publics
Bâtiments publics
Immeubles Maisons bourgeoises Pavillons Villas
Le « style Art Déco », qu’est-ce que c’est ?
Exemples et détails architecturaux à Montluçon
Epis de faîtage, crêtes de toit et aisseliers
Les ferronneries : fleurs, spirales, vaguelettes et chevrons
Clôtures et portails en ferronnerie aux motifs caractéristiques
Volumétries marquées et traitement architecturé des entrées
La modénature et les décors : motifs géométriques et floraux stylisés, terre cuite vernissée, cannelures, gravures et sgraffito
L’ARCHITECTURE ART DECO : REVUE DE DETAILS A MONTLUCON La modénature et les décors
Malgré sa recherche de plus de rigueur et de pureté géométrique, l’Art Déco ne délaisse pas pour autant l’ornementation de la façade, qui se manifeste par la présence d’une modénature marquant la composition architecturale et de décors souvent sculptés ou réalisés en mosaïque ou en sgraffito. Corniches, pilastres, cannelures, bossages, frises sculptées de motifs répétitifs géométriques ou floraux, panneaux ou bandeaux de briques disposées de façon à faire jouer l’ombre et la lumière sont autant d’éléments qui soulignent le jeu des volumes et l’alternance des matériaux. Ces décors sont mis en valeur par les éléments de ferronnerie dessinée en cohérence avec l’architecture d’ensemble et les menuiseries. Les faux pans-de-bois, les enduits traités en panneaux décoratifs par le jeu des textures et des couleurs ajoutent leur touche à la richesse d’ensemble.
La terre cuite vernissée
Dans la continuité de l’architecture Art Nouveau, l’Art Déco expérimente de nouveaux matériaux d’ornement des façades, notamment la terre cuite vernissée. Celle-ci permet d’apporter de la couleur et de la brillance par petites touches colorées rouges, bleues, jaunes, vertes animant les façades mais aussi des motifs décoratifs à travers les carreaux représentant le plus souvent des végétaux et des fleurs de façon stylisée ou naturelle. Des cabochons, des boutons floraux, des fleurs épanouies inscrits dans des losanges constituent également des points lumineux et colorés sur la façade et marquent sa composition architecturale. La terre cuite vernissée est employée pour souligner certains emplacements stratégiques de la façade : en bandeau sous la corniche ou sur la façade, sous les appuis de fenêtre, en encadrement de baie, en chaînage d’angle, à l’appui des aisseliers... Elle alterne avec des matériaux plus clairs ou plus foncés et mats ou des enduits, jouant sur des effets de texture s’opposant à l’aspect lisse de la terre cuite vernissée, permettant un contraste des matières et des couleurs qui contribue à une certaine vibration de la façade.
La terre cuite vernissée se retrouve sous forme de carreaux unis ou à motifs, de boutons floraux, de cabochons, de barrettes colorées, de frises, de décors moulés de roses ou de chardons, etc.
Les ferronneries : garde-corps, porte d’entrée, marquises
L’architecture Art Déco met particulièrement à l’honneur la ferronnerie, qui est notamment utilisée pour les garde-corps (fenêtres, balcons, escaliers) et pour les portes d’entrée (impostes, vantaux), notamment pour les immeubles qui peuvent présenter de remarquables portes vitrées avec structure métallique ouvragée. Ces éléments de ferronnerie sont particulièrement précieux, d’une part par la qualité de leur réalisation, mais aussi comme marqueurs de l’identité architecturale de la construction. Ces ouvrages sont en effet conçus dans une même unité de style et de composition que le reste de la façade qu’ils contribuent à mettre en valeur. Ils constituent également des témoins de l’époque de construction du bâtiment, en continuité avec les ferronneries intérieures comme les garde-corps d’escalier, souvent de facture également remarquable. Les ferronneries sont caractéristiques du style Art Déco par leur dessin géométrique et la présence de motifs récurrents comme la spirale ou la corbeille de fruits. Les maisons individuelles peuvent également présenter des marquises vitrées en ferronnerie ouvragée, permettant de protéger et de marquer le seuil de la maison.
Les fermes apparentes, aisseliers, crêtes de toit et épis de faîtage
La richesse du vocabulaire architectural Art Déco s’exprime aussi dans les toitures, qui participent à la composition comme à l’animation décorative de l’ensemble de la construction. Comme dans l’architecture balnéaire ou thermale, ce sont notamment les éléments en bois peint et les éléments de décor des toitures en terre cuite qui, s’inspirant de motifs architecturaux historiques ou régionaux, sont détournés ou enrichis pour devenir ornementaux. Les débords de toiture soulignent d’un trait d’ombre le haut des façades tout en les protégeant plus efficacement des intempéries. Ils sont maintenus par des aisseliers en bois peint, parfois légèrement chantournés, rappelant chez Pierre Diot l’architecture indochinoise, et ajoutant par leur répétition un élément de décoration et de légèreté sur les façades. De même les fermes ou charpentes apparentes de certains pignons complètent le dispositif, l’empruntant au vocabulaire architectural médiéval ou de maisons à colombages, pour en faire ici un élément décoratif. Des crêtes de toit ajourées en terre cuite et des épis de faîtage, le plus souvent également en terre cuite, ou en zinc, tout en protégeant le faîte du toit et la pointe des croupes, complètent l’ornementation de la construction.
Les portails et clôtures
L’architecture ne se situe pas seulement dans la façade. La période Art Déco est notamment marquée par la construction de maisons individuelles isolées sur leur parcelle et en retrait par rapport à la rue. Dans ce tissu urbain spécifique, la clôture prend une grande importance dans le paysage car c’est elle qui structure l’espace urbain, signale la maison et sépare l’espace privé du jardin ou de la cour de l’espace public. La clôture comme le portail constituent une première façade sur rue qui contribue à mettre en scène la maison qui se trouve à l’arrière. Par l’homogénéité des clôtures le long de la rue, un espace public peut ainsi gagner en qualité architecturale.
Alignement des clôtures et des maisons
La clôture Art Déco est le plus souvent constituée d’un mur bahut en maçonnerie de pierre apparente ou enduite d’environ 80 cm de haut, surmonté d’une grille en ferronnerie qui présente un dessin dont le style et les motifs répondent à l’architecture de la maison. Il n’est pas rare que les ferronneries des garde-corps (fenêtres, escalier) se rapprochent de Cohérence des motifs de ferronnerie entre la celles de la grille dans ses motifs et sa couleur.
grille, le portail et les garde-corps
Le portail et le portillon sont constitués de deux piles en maçonnerie, parfois sommées d’une boule ou d’un cube posé sur une pointe, et de vantaux en ferronnerie. L’ensemble laisse passer la vue sur la cour, le jardin et la maison, contribuant à leur mise en valeur comme à celle de la rue dans son ensemble.
Guide de l’insertion architecturale et paysagère des panneaux solaires#
2023 à l’usage des services instructeurs et des porteurs de projets
Avant-propos
Clés de lecture
Recommandations générales à destination des porteurs de projet
Recommandations par critère d’insertion
Ces recommandations sont issues de nombreux supports didactiques (fiche-conseils, vade-mecum, lignes directrices, etc.) produits depuis une vingtaine d’année par les services territoriaux de l’État, organismes de conseil et établissements publics investis en faveur de la conciliation de ces politiques.
Le guide est structuré en trois parties :
1. Il formule des recommandations générales à destination des porteurs de projets ;
2. Il propose une grille d’analyse thématique des projets, afin de dégager leurs avantages et leurs inconvénients en fonction d’options d’intégration architecturale et paysagère. Cette évaluation s’appuie sur quatre critères d’insertion :
— Rapport au support — Ordonnancement architectural et paysager — Adossement — Aspect (teinte, texture des panneaux)
Ces critères sont examinés de façon transversale, tant sur le bâti qu’au sol (non bâti). Ce choix méthodologique établi des points communs pour le raisonnement de l’insertion entre espaces ouverts et espaces urbains.
3. Il fournit une synthèse pour les cinq grandes implantations suivantes, en rappelant les priorités du développement de l’énergie photo voltaïque selon la diversité des contextes bâtis ou non bâtis :
— centres anciens ; — faubourgs ; — espaces périurbains ; — zones d’activités ; — grands paysages ruraux et naturels.
Ces typologies sont détaillées sous forme de fiches, permettant d’opérer une gradation par secteurs afin d’en privilégier certains pour le développement des projets photovoltaïques. Les conditions d’implantation d’un projet photovoltaïque sont à apprécier selon la situation, en privilégiant les occasions de réhabilitation et de rénovation du bâti et des terrains dégradés. Pour chaque typologie, des illustrations sont présentées et des recommandations sont faites sur le plan architectural, paysager ou technicoindustriel (tuiles solaires, ardoises solaires, vitrages photovoltaïques, capteurs thermiques sous toiture).
En conclusion, cette approche globale de l’insertion des équipements photovoltaïques dans les espaces protégés, bâtis et non bâtis, qui peut d’ailleurs être adoptée au-delà, dans les espaces non protégés, ne consiste pas à décliner des recettes systématiques. Elle vise plutôt à stimuler, au travers du dialogue entre porteurs de projets et acteurs du territoire, la recherche de solutions permettant la production d’une énergie renouvelable, tout en préservant le patrimoine.
Recommandations générales à destination des porteurs de projet
Chaque projet photovoltaïque s’inscrit dans un cadre architectural et paysager et doit être conçu de façon à préserver les qualités du cadre de vie des populations et des sites présentant des caractéristiques architecturales et/ou paysagères remarquables. La localisation et le projet ne peuvent donc résulter des seules opportunités foncières, contraintes techniques ou stratégies d’optimisation des coûts. Afin de favoriser des projets conçus et acceptés par les acteurs locaux, les démarches participatives communales, intercommunales ou centrales coopératives citoyennes ou villageoises sont à encourager.
Tout projet soumis à permis de construire et/ou à évaluation environnementale réalise une justification en trois temps :
réaliser le diagnostic de l’état initial du bâti ou du territoire d’implantation ;
motiver les choix de conception du projet avec un argumentaire précis sur les partis-pris architecturaux et paysagers ;
rechercher les mesures d’évitement, de réduction et de compensation des impacts du projet (séquence dite « ERC », pour « Éviter, Réduire, Compenser ») dans le cas d’une évaluation environnementale).
Anticiper et prendre conseil
Prendre conseil et appréhender les enjeux architecturaux et paysagers auprès :
de la mairie ou de la collectivité publique, autorité chargée des autorisations d’urbanisme ;
des services de l’État, lorsque le projet est situé dans un espace protégé :
— au titre du code du patrimoine (monuments historiques, abords de monuments historiques, sites patrimoniaux remarquables) : l’UDAP peut apporter son conseil ; — en site classé ou site inscrit : prendre contact avec l’inspecteur des sites en DREAL et avec l’UDAP ; — du type parc national ou réserve naturelle : prendre contact avec la DREAL ; — aux termes des documents d’urbanisme (art. L. 151-19 et L. 151-23 du code de l’urbanisme) : se rapprocher de la commune ;
des établissements publics et associations gestionnaires d’espaces protégés (parc naturel régional, parc national, réserve naturelle, Grand Site de France, etc.) ;
des organismes conseil (Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement [CAUE], etc.) ;
Guide de l’insertion architecturale et paysagère des panneaux solaires des sources d’information de divers services et organismes telles que les :
— stratégies territoriales des documents de planification : document d’orientations et d’objectifs du schéma de cohérence territoriale (SCOT), projet d’aménagement et de développement durables du plan local d’urbanisme (PLU), plan de gestion de parc national, régional, réserve, etc. ; — outils de connaissance (atlas des paysages, plan de paysage, etc.) ; — documents exprimant des valeurs architecturales et paysagères (motifs de classement d’un monument historique, d’un site patrimonial remarquable ou d’un site classé ou inscrit, document de gestion d’un Grand Site de France, charte de PNR, charte architecturale et paysagère, etc.).
Le besoin et la situation : diagnostic de l’état initial
Qualifier et quantifier les besoins de consommation énergétique et de production d’énergie renouvelable
Pour les projets individuels : Les solutions de production d’énergies renouvelables, tels que le solaire thermique (chauffe-eau solaire) ou les panneaux photovoltaïques, doivent s’inscrire autant que possible dans une démarche globale d’efficacité énergétique. Celle-ci comprend deux volets : l’amélioration des performances thermiques du bâti (isolation des combles et des planchers bas, remplacement des fenêtres, etc.) et celle des équipements énergivores (remplacements de chaudière, chauffe-eau, radiateurs ; installation d’une pompe à chaleur, etc.). Le diagnostic de performance énergétique (DPE) et l’audit énergétique permettent d’orienter les travaux à réaliser, France rénov’ accompagne les particuliers dans ces démarches de rénovation, une aide financière pour les résidences principales peut être sollicitée pour ces travaux suivant le dispositif MaPrimeRenov’. Pour obtenir une aide financière, il est nécessaire de recourir à un professionnel Reconnu Garant de l’Environnement (RGE).
Pour les projets de grande ampleur : Tenir compte des ressources du territoire et du patrimoine bâti et paysager, et s’inscrire dans une démarche de sobriété et d’efficacité énergétique. L’évaluation des besoins peut être portée à une échelle collective : les démarches participatives communales, intercommunales ou des centrales coopératives citoyennes ou villageoises 1 sont à encourager pour des projets concertés et répondant aux besoins.
Prendre connaissance des contraintes techniques et rendements de l’installation
En France métropolitaine, les conditions optimales d’implantation d’une installation photovoltaïque sont une orientation sud et une inclinaison de 35 degrés (70 % de pente) par rapport à l’horizontale. À titre indicatif, les pentes d’une toiture en chaume varient de 35 % à 45 %, en tuile de 13 % à 45 %, en zinc de 5 % à 20 %, en ardoise de 26 % et plus.
Il convient de relever les « masques solaires » : ce sont les ombrages proches (tels que cheminées, arbres, lampadaires, bâtiments) mais aussi lointains (tels que montage) qui risquent de réduire l’éclairement de l’installation. Certaines collectivités disposent pour cela d’un « cadastre solaire » indiquant le potentiel de production d’énergie solaire d’une toiture (KWh/m²/an).
Il faut vérifier la présence, à proximité, d’activités émettrices de poussières ou résidus susceptibles de se déposer sur le procédé photovoltaïque.
L’éloignement éventuel du bâtiment ou du site d’accueil vis-à-vis du point de raccordement au réseau de distribution, peut amener des surcoûts irrémédiables au projet.
Concevoir son projet en prenant en compte les enjeux architecturaux et paysagers
La configuration d’un projet doit assumer une ambition qualitative afin de limiter au mieux les impacts sur l’architecture, les ensembles bâtis et le paysage. Ce principe s’applique à l’ensemble du territoire, que le projet soit situé ou non en espace protégé, ou que le contexte soit un centre ancien, un faubourg, un espace péri-urbain, une zone d’activités, un espace agricole, forestier ou naturel. Pour les projets de grande ampleur (parcs photovoltaïques), il est recommandé aux porteurs d’un projet d’être accompagnés par un architecte et/ou un paysagiste concepteur qui apportent une expertise dans le diagnostic initial de l’environnement du projet et sur les solutions d’implantation, de conception et d’intégration.
Le travail de conception comprend deux temps :
Situer le projet (pour les collectivités et développeurs qui recherchent un lieu d’implantation adapté) :
— Prospecter en priorité : sites dégradés, parkings, bâtiments industriels et commerciaux, etc. ; — Pour les projets d’ampleur : éviter les zones particulièrement sensibles, en particulier les espaces protégés : abords de monument historique, sites patrimoniaux remarquables, sites classés, sites inscrits, biens inscrits sur la liste du Patrimoine mondial ; — Rechercher des possibilités d’implantation sur bâti ou au sol les plus discrètes possibles, en tenant compte des structures et des éléments constitutifs de l’architecture, de l’ensemble urbain ou du paysage, et des perspectives visuelles depuis et vers des éléments remarquables ou d’intérêt local.
Composer son projet avec l’existant (pour tous les porteurs de projets) : faire des choix architecturaux et paysagers pour s’adapter, ou requalifier le bâti ou l’environnement d’accueil du projet :
— Identifier les solutions de conception ayant le moins de conséquences sur les trames architecturales et paysagères existantes, et rechercher une intégration harmonieuse avec l’existant ; — La dissimulation ou le camouflage par des dispositifs paysagers permettent une réduction d’impact d’un projet. Toutefois, ces solutions ne peuvent être mises en œuvre que si elles sont cohérentes avec le paysage environnant ; — Les projets de panneaux photovoltaïques au sol sont particulièrement susceptibles d’avoir des impacts importants sur le paysage, notamment en espace naturel ou agricole, et du fait de la consommation d’espaces. Pour ce type de projet, la recherche des terrains devra composer avec l’esthétique et les caractéristiques physiques du paysage, et respecter les usages,
1. Les centrales villageoises sont des sociétés locales à gouvernance citoyenne, qui portent des projets en faveur de la transition énergétique en s’inscrivant dans une logique de territoire. Elles associent citoyens, collectivités et entreprises locales et contribuent aux objectifs énergétiques en tenant compte d’enjeux transverses (développement économique local, intégration paysagère, lien social, etc.).
le parcellaire et le réseau viaire. Les différentes échelles du projet devront être prises en compte : gestion des co-visibilités et adaptation au grand paysage, d’une part, et gestion des transitions avec l’environnement immédiat et installations techniques associées (clôtures, citernes, voies d’accès, postes techniques, etc.), d’autre part.
Élaborer un dossier complet
Le contenu d’un dossier de déclaration préalable de travaux ou d’un permis de construire est précisé au sein des formulaires CERFA correspondants pour les projets sur « maison individuelle et/ou ses annexes » et les projets sur habitat collectif ou au sol soit « autre que portant sur une maison individuelle ou ses annexes » (voir le rappel sur la réglementation au titre du code de l’urbanisme en annexe I du guide).
Pour les projets de grande ampleur, le dossier devrait distinguer clairement (R122-4 et R122-5 du code de l’environnement) : 1/ l’état initial ; 2/ l’argumentaire des partis-pris architecturaux et paysagers au regard des incidences du projet ; 3/ le cas échéant, l’exposé des mesures d’évitement, réduction, compensation, voire des mesures d’accompagnement
L’analyse fournie au sein du dossier devra répondre aux principes de pertinence, de sincérité et de proportionnalité :
Pertinence : Les partis-pris architecturaux et paysagers doivent être argumentés par un exposé des objectifs et de la pertinence des choix opérés. Le dossier devra s’attacher à rendre compte du projet et de son insertion à différentes échelles et selon différents points de vue. Cette démonstration devra s’appuyer sur les outils de représentation pertinents (cartes, plans, coupes, dessins, schémas, bloc-diagramme, photomontages, etc.) ;
Sincérité : Le pétitionnaire est encouragé à fournir une justification des points de vue choisis et à assurer une qualité des supports photographiques (cadrage adapté à hauteur et angle de vue de l’œil humain, format, résolution, conditions météorologiques, etc.) La prise en compte des perceptions et des usages associés au bâti et au territoire peut être déterminante dans les mesures d’accompagnement qui pourront être proposées.
Proportionnalité : pour les projets de grande ampleur, « le contenu de l’étude d’impact est proportionné à la sensibilité environnementale de la zone susceptible d’être affectée, à l’importance et la nature des travaux, installations, ouvrages, ou autres interventions dans le milieu naturel ou le paysage projetés et à leurs incidences prévisibles sur l’environnement ou la santé humaine » (R122-5 du code de l’environnement).
En phase travaux
Choix de l’installateur : il est recommandé de faire appel à un professionnel qualifié, grâce à la mention RGE (Reconnu garant de l’environnement) et aux certifications Qualibat, Qualit’ENR, Qualisol ;
Soigner la mise en œuvre du projet.
Recommandations par critère d’insertion – Grille d’analyse des projets –
Sur le bâti au sol (NON bâti)#
Le projet est installé en pose affleurante de la surface de base.
Les modules s’encastrent à la place d’éléments du bâti existant.
Les modules sont fixés sur des supports proches du sol.
© Shank Ali/GettyImages
© Sébastien Plassard
© Peter Muller/GettyImages
Abbaye de Fontevraud, emplacement opportun derrière un mur d’enclos des panneaux évitant toute covisibilité. © Gabriel Turquet de Beauregard
Rapport au support#
- L’encastrement permet un effet de continuité. – L’encastrement génère de nombreuses sujétions sur l’étanchéité des couvertures, la matérialité du bâti, les risques incendie.
Recommandation : Le choix d’une solution d’encastrement n’est pas à mettre en œuvre en toutes circonstances. Cette option implique une cohérence des teintes entre les panneaux et le matériaux support.
Guide de l’insertion architecturale et paysagère des panneaux solaires
- En zones de faible altitude et de faible pente, un travail sur la superficie et l’implantation des panneaux peut permettre une intégration du projet dans son environnement. – Infrastructure technique potentiellement visible dans le paysage proche et lointain ; changement de la nature de l’occupation du sol ; risque « d’effet de nappe » pour les installations sur de grandes surfaces ; intégration complexe des équipements associés (voies d’accès, clôtures, citernes, etc.), avec impacts paysagers dans le périmètre immédiat.
Recommandations : Adapter la taille du projet et composer avec l’organisation spatiale existante, en respectant les structures paysagères.
Adapter la hauteur des panneaux à la trame végétale existante.
Anticiper la réversibilité de l’installation et l’adaptation aux usages (itinéraires techniques agricoles, accès et cheminements, loisirs, etc.).
Sur le bâti au sol (NON bâti)#
Les éléments photovoltaïques sont détachés par rapport au support.
Les modules sont surimposés à la surface porteuse.
Les modules sont ancrés au sol sur des structures hautes.
RAPPORT AU SUPPORT © Koiguo/GettyImages © Oscar Martin/GettyImages
Panneaux solaires sur les toits des logements résidentiels aux Pays-Bas. © Lorado/GettyImages