Rubrique NL 3Volumétrie générale
Les volumétries des maisons traditionnelles Bressanes sont diversifiées mais certaines dispositions sont communes et prédominantes, à respecter dans le cas de construction neuve :
- Le nouvel édifice doit se fondre avec l’habitat rural existant et ne pas présenter de volume disproportionné qui se distinguerait au regard des constructions voisines
- Privilégier un plan rectangulaire généralement allongé : rapport entre L/l de 1,6 environ.
- Répartir les espaces de vie sur un seul niveau (R+C) qui laissent prédominer les vastes toitures dans le paysage
- Privilégier les formes simples et compactes ; proscrire aux volumes surajoutés dénaturant avec les volumes traditionnels
Volumes traditionnels à respecter
Volumes surajoutés à proscrire
- Les sous-sols semi-enterrés qui provoquent un effet de butte inesthétique, lorsque le terrain n’est pas en pente, sont à proscrire.
Toitures : formes et ouvertures
Pour la forme de la toiture, reprendre les caractéristiques traditionnelles de la Bresse du Nord :
- Pente de toiture importante,
- Toiture généralement à deux pans. Les toits peuvent également être à 4 pans, mais attention, cette solution ne permet pas d’extensions ultérieures (dans ce cas des demi-croupes peuvent également exister),
- Présence d’un coyau ou contre pente en partie inférieure (supérieur ou égal à 35% sans pouvoir dépasser 45%) pour éloigner l’eau de la façade. Cette disposition donne une certaine légèreté qui peut être réutilisée même si on créé aujourd’hui des chéneaux ou des gouttières recueillant l’eau de ruissellement
- L’avant toit largement débordant, le « sevron » est soutenu par des consoles en bois ou par des piliers pour former alors la « galerie » (les poteaux en bois sont rares car ils peuvent gêner l’accès).
Pentes de toitures à respecter, à minima
Pente ≥
Pente≥ 35% et ≤ 45%
L’importance de la toiture dans les maisons traditionnelles bressanes est dominante. Afin de ne pas modifier les proportions de la construction on veillera à :
- Éviter toute surélévation de la toiture
- Conserver les larges débords qui protègent les murs des intempéries.
L’habitat traditionnel bressan possède de très petites ouvertures en toiture, seules les maisons nobles pouvaient posséder des lucarnes. Néanmoins pour s’adapter aux modes de vie actuels, des ouvertures en toiture sont possible, moyennant le respect de certains principes :
- L’aménagement des combles ne doit pas dénaturer la volumétrie de l’ensemble
- Pour des toitures à deux pans, il est possible de créer des ouvertures en pignon (voir chap 3. Les façades)
- Les ouvertures sur la toiture doivent reprendre les l’ordonnancement des ouvertures en façade.
- En cas d’ouverture de type lucarne, ces dernières doivent être plus hautes que large et ne pas être disproportionnées par rapport à la toiture.
Châssis de toit
Types d’ouvertures de toit adaptés, rencontrés sur la commune Lucarnes
Extensions
L’évolution des besoins de la vie quotidienne nécessite parfois l’agrandissement de l’habitat initial. Ces ajouts doivent être considérés comme faisant partie intégrante de l’ensemble du bâtiment et le nouveau volume doit se concevoir en harmonie avec les proportions du bâtiment initial :
- Préférer allonger le bâtiment et répartir le volume sur toute la largeur du pignon
- Possibilité de créer une galerie ou fermer l’existante en partie ou totalement
- Eviter d’ajouter des volumes trop petits et décalés
- Respecter les pentes du toit et des débords de toit
- Les vérandas ne s’intégrant pas aux volumes existants (volumes, matériaux, …) sont à proscrire.
Exemple d’extensions à privilégier
Exemple d’extensions à proscrire
Les environs de la ferme
- En cas de construction d’annexes et autres dépendances, on veillera à respecter une harmonie entre les différentes constructions : couleurs, matériaux, volumes simples, …
- On peut aussi s’inspirer des types d’organisations entre le bâtiment principal et les annexes rencontrées traditionnellement :
1. L’habitation et l’ensemble grange-écurie sont parallèles.
Elles se font face de part et d’autre d’une cour ouverte ou entourée d’une haie vive au milieu de laquelle est généralement creusée un puits à margelle en pierre.
Habitation Grange/écurie Four/soue
2. L’ensemble s’organise selon une juxtaposition linéaire. La grange-écurie et l’habitation sont regroupés sous le même toit pour former un seul bâtiment allongé plus ou moins imposant suivant les dimensions de l’exploitation. Traditionnellement, la grange est disposée entre les étables et l’habitation palliant ainsi les inconvénients nés de la proximité du bétail.
- Dans le cas de réhabilitation, conserver les éléments annexes existants à la ferme : - grange, écurie, fournil et soue pouvant être reconvertis en espaces de rangement, - puits qui peuvent considérés comme faisant partie intégrante du patrimoine bâti sur la commune et peuvent être utilisés. - frêne ou tilleul devant la façade principale, qui procurent ombre et fraicheur en été.
2. Les materiaux et leur mise en œuvre
Les bâtiments bressans sont généralement construits dans le matériau du sous-sol qui les porte, et les charpentes sont taillées dans les arbres des bois proches. L’habitat local a eu recours à l’usage de la terre sous des formes et des fonctions très variées, dans un contexte de rareté de la pierre. En Bresse du Nord, le choix s’est porté sur la technique du colombage hourdé et couvert de tuile plate. Façades : pans de bois et mur en pierre En Bresse, les maisons sont pour certaines constituées d’une carcasse en chêne où la charpente se combine avec les pans de bois des colombages. Le colombage constitue l’armature du bâtiment. Cette technique permettait autrefois le démontage et le transfert des maisons. A l’origine, le remplissage était constitué d’un torchis armé de branches puis remplacé par des briques maçonnées au mortier de chaux. Les maisons en pans de bois reposent sur un soubassement fait de moellons de pierres ou de briques, et forment une ossature qui engendre les murs porteurs des façades et des refends.
Sur la commune, certaines constructions anciennes sont en moellons de pierre. Bruts de carrière, ils ont des dimensions et des formes irrégulières et sont montés au mortier de chaux. La solidité des murs est assurée par les boutisses (pierres traversantes). Ces murs sont destinés à être enduits pour protéger les pierres de l’humidité notamment.
Types de matériaux rencontrés à Commenailles
Pans de bois
Pour la rénovation
- Préconiser un traitement des bois incolore ou de couleur claire
- Dans le cas d’une structure à pan de bois apparent, la surface finie de l’enduit du matériau doit être au même niveau que le pan de bois. Les enduits en saillie sont à éviter
- Jointoyer les parties de mur en pierre ou en brique de la même façon (couleur jaune pour les briques à fleur de parement). L’enduit pourra être à « pierres vues » (pratique qui consiste à compléter les joints par du mortier de chaux d’une couleur proche de la pierre jusqu’au nu approximatif de mur laissant apparaître la partie saillante du moellon).
Entretien et réparation des pans de bois
Les pans de bois utilisés dans l’armature des fermes bressanes sont fragiles et très sensibles à l’humidité qui peut entraîner le pourrissement des pièces en bois et déstabiliser ainsi la structure. Il est donc préférable de : - Réaliser un caniveau le long de la façade pour évacuer l’eau (voir partie 1. La relation au site) - Veiller à ce que les sablières basses (poutres basses du colombage) soient au moins à 5 cm du sol.
Lors d’un changement d’une partie de la structure, les nouveaux éléments doivent reprendre les mêmes positions que les précédents et travailler de la même façon. On évitera de remplacer un pan de bois défectueux par un mur en parpaing béton qui rompt le système porteur en bois et dénature l’esthétique de la façade. Une imprégnation du bois avec une peinture à base d’huile de lin est une bonne protection contre les méfaits des intempéries.
La pose de gouttière doit être prévue en fonction du débord de toit.
Pierre et enduits
Pour la rénovation
- Les murs en terre doivent être enduits à la chaux. La propriété de ce type d’enduit est de protéger le mur de l’humidité tout en laissant respirer.
- Proscrire les enduits plastiques imperméables empêchant la migration de la vapeur d’eau contenue dans le mur.
- Lorsqu’on crée des percements sur une façade, pensez aux raccords d’enduits, ne pas laisser apparente sur la maison la trace de l’intervention
- Conserver la différenciation de typologies de matériaux entre le soubassement et le reste de la façade. L’enduit unique sur la totalité du mur n’est pas recommandé.
- Les teintes des enduits doivent être naturelles et la finition grattée mettant en évidence la granulométrie du sable. La construction doit se fondre dans le paysage. Les couleurs : ton pierre ou chaux à l’exclusion du blanc. Les imitations des pans de bois en peinture sont interdites.
- Les métaux, tuiles (mureuses notamment), pierres peuvent être utilisés comme parement ou bardage. Ils offrent une grande variété de couleurs et de textures
La coloration de la construction concerne les murs ainsi que tous les autres éléments architecturaux tels que les volets, les menuiseries, les portes sans oublier la toiture.
Il est difficilement envisageable de poser une isolation extérieure qui serait pourtant efficace. La pose d’un isolant intérieur, en matériaux écologique de préférence (chanvre, cellulose, lin, laine de bois...), sera l’alternative indispensable.
Pour la construction neuve
- Les teintes des enduits doivent être naturelles et la finition grattée mettant en évidence la granulométrie du sable. La construction doit se fondre dans le paysage. Les couleurs : ton pierre ou chaux à l’exclusion du blanc. Les imitations des pans de bois en peinture sont interdites.
- Les métaux, tuiles (mureuses notamment), pierres peuvent être utilisés comme parement ou bardage. Ils offrent une grande variété de couleurs et de textures
La coloration de la construction concerne les murs ainsi que tous les autres éléments architecturaux tels que les volets, les menuiseries, les portes sans oublier la toiture.
La toiture
En Bresse du Nord, la couverture primitive était recouverte de chaume (1). Ce matériau fut remplacé par la petite tuile plate (2) qui convenait à la forte pente du toit.
- Les matériaux préconisés sont : - la tuile plate petit moule (70 par m²) - la tuile plate mécanique moyen moule (23 par m²) - la tuile mécanique Les tuiles canal ainsi que les tuiles ciment ou plastique sont interdites.
- Les teintes : rouge-brun ou rouge (les teintes grises et noires sont interdites)
Types de couvertures rencontrés sur la commune
- En cas de restauration, les tuiles abîmées pourront être remplacées par des neuves en réalisant un panachage avec les anciennes. Il est possible de poser des tuiles différentes mais de la même teinte sur le toit et le débord.
3. Les façades
Les ouvertures et percements
- Les percements doivent être particulièrement étudiés notamment au regard des ouvertures de la façade pour ne pas perturber l’équilibre de la façade. Eviter la multiplicité des dimensions des ouvertures.
- Les percements doivent être plus hauts que larges (hors baies vitrées).
Pour la rénovation
- Le pignon d’une ferme traditionnelle comporte très peu d’ouvertures et celles-ci doivent être disposées sur l’axe central afin de respecter l’équilibre et l’ordonnancement de cette façade.
Ouvertures en pignon A privilégier
Exemple d’ouvertures en façade harmonieuses
A éviter
- Lorsqu’on crée une ouverture, essayer dans la mesure du possible de créer un cadre en reprenant l’un des dispositifs traditionnels ou en s’en inspirant : pierre taillée, briques appareillée ou bois. L’appui de fenêtre ne doit lui jamais être saillant.
Encadrement en bois et porte pleine
Linteau délardé en pierre (qui permet de gagner en luminosité)
- Dans un mur en pan de bois, inscrire les ouvertures dans la « grille » que dessine l’ossature de la maison.
- En ce qui concerne la position de la menuiserie dans la maçonnerie : - en cas de restauration, placer la menuiserie dans la feuillure existante - en cas de création d’une nouvelle ouverture, aligner sa position avec celles des menuiseries existantes.
- Lorsqu’on bouche une ouverture existante, laisser apparent l’encadrement en pierre, en brique ou en bois et boucher en léger retrait : l’enduit ne tiendrait pas longtemps sur la pierre et cela conserve la mémoire du bâtiment d’origine.
Les menuiseries Couleurs : les menuiseries extérieures (fenêtres et volets) étaient traditionnellement toujours peintes. On préfèrera les tons «atténués » de la Bresse : jamais de couleur pure. La couleur blanche pour les menuiseries des maisons à pans de bois est proscrite. La gamme est celle des gris colorés : gris-clair, gris-bleu, gris-vert, parfois lie de vin ou bordeaux.
La porte d’entrée
- La porte d’entrée doit être particulièrement soignée. On peut s’inspirer des nombreuses variantes traditionnelles : porte pleine surmontée d’une imposte vitrée pour améliorer l’éclairage ou porte éclairée par deux à neuf carreaux, sans ferronneries.
Exemples de dessins de porte traditionnels
Les fenêtres et volets
- Les fenêtres sont généralement verticales, à deux pans et six carreaux.
- La présence de volets n’est pas systématique sur les fenêtres des maisons bressanes.
- Lorsque les fenêtres sont trop proches et gênent la pose de volets ouvrants (en bois), les persiennes en bois pourront être utilisées. Lors de la pose de volets roulants, les accessoires sont à encastrer dans le cadre.
Exemples de dessins de volets à privilégier
La porte de grange
- Préserver la forme initiale de la porte de grange, et en particulier son linteau en bois ou en anse de panier en pierre.
- L’ouverture de la grange peut devenir une ouverture vitrée qui amène de la lumière dans le logement. - Pour la composition, on choisira de préférence un dessin symétrique. - Pour la mise en place de cette menuiserie on choisit le même principe de construction que pour une menuiserie non vitrée (en retrait par rapport à la maçonnerie). - Pour l’obturation de cette ouverture, la meilleure solution, dans le cas d’un linteau en anse de panier, est de créer une traverse horizontale en bois derrière laquelle on vient cacher un volet roulant.
Les batiments agricoles et autres batiments de gros volume composer avec le paysage et l’environnement du site
Chaque lieu révèle un paysage unique avec des caractéristiques particulières. Les bâtiments agricoles doivent s’enraciner dans leur paysage, qu’ils s’implantent dans le village, à proximité de celui-ci ou bien encore en rase campagne.
Pour choisir le terrain d’implantation du bâtiment, différents critères paysagers seront à prendre en compte :
- La topographie des lieux. Un terrain accidenté est souvent beaucoup plus contraignant qu’un terrain plat. D’une façon générale, éviter les terrassements et essayer de retrouver des talutages proches de la pente du terrain naturel. Dans cet objectif, les longs bâtiments seront implantés parallèlement aux courbes de niveau. Autant que possible le dénivelé du terrain sera mis à profit dans la construction.
Mise à profit du dénivelé dans la construction
- La végétation existante (forêts, haies, bosquets, arbres isolés...). Elle est utile aussi bien comme protection que comme éléments favorisant l’insertion du bâtiment.
- Les vues lointaines et rapprochées sur le site. En zone très exposée à la vue, l’intégration du bâtiment devra être irréprochable.
- L’orientation du terrain. Se protéger au mieux des vents dominants tout en profitant d’une ventilation naturelle optimale. Rechercher un ensoleillement maximal l’hiver.
- Le bâti existant. Construire dans la continuité du bâti existant, respecter l’orientation des faîtages, les volumes et les couleurs des constructions en place.
- La présence des réseaux (chemins, routes, eau, électricité). La présence de tous les réseaux à proximité du site évitera de coûteux travaux de viabilisation. Quand cela est possible, enterrer les lignes aériennes.
- Les ambiances. Les couleurs, formes et textures du bâtiment devront se rapprocher le plus possible de celles du paysage local (teintes dominantes sur toute l’année comme par exemple le vert clair des pâturages ou le vert foncé des forêts).
Concevoir un batiment fonctionnel, esthetique et economique
Volumétrie Éviter les formes trop complexes et privilégier celles plus simples, aux proportions harmonieuses.
Percements et ouvertures
- Un percement sert non seulement à faire entrer de la lumière mais aussi à cadrer des vues. Les percements rythment les façades, les équilibrent, accentuent des effets de barres ou créent des impressions de verticalité. Pour toutes ces raisons, le percement doit se composer avec l’ensemble du bâtiment.
Volume simple
Toitures
- Elles sont souvent les parties les plus visibles du bâtiment et se doivent donc d’être discrètes.
- Opter pour une toiture dont la couleur fait référence aux tuiles à proximité des villages. En site isolé, une toiture végétalisée ou de couleur sombre (mate ou satinée) s’harmonisera avec l’environnement végétal.
- Éviter de mettre des translucides (transparents) en toiture. Le cas échéant, veiller à une disposition esthétique de ces derniers : pas de saupoudrage mais une disposition en bande horizontale continue et le moins visible possible.
Matériaux de façades
Autant que possible, utiliser des matériaux constructifs en référence au patrimoine agricole local :
- en soubassements : le bois empilé, le béton brut teinté (si finition soignée), la brique ou le parpaing soit enduits à la chaux, soit recouverts de bardage.
- en bardage : le bois (avantages thermiques, acoustiques, écologiques) ou l’acier thermolaqué de couleur sombre) Le bois peut être posé de différentes manières (à l’horizontal, à la verticale, à claire-voie…). En extérieur, il doit être utilisé brut dans un choix d’essences imputrescibles (mélèze, châtaignier, chêne, douglas ou robinier …), ou traité classe 3 (traitement fongicide et insecticide).
- en menuiseries et huisseries : le bois, le métal (acier ou aluminium) le PVC de couleur foncée ou le mixte bois/PVC (notamment pour les laiteries).
Proportions harmonieuses Translucides bien disposés
Bois posé à claire voie Utilisation de l’acier
Soigner les abords de l’ensemble des batiments
Le traitement des abords nécessite de réfléchir à un plan d’ensemble, intégrant toutes les composantes du site de l’exploitation.