Intitulé du document : N-13 – espaces libres et plantations, espaces boisés classés
A l’exception des terrasses extérieures et des espaces strictement nécessaires à la circulation ou au stationnement des véhicules, pour lesquels la mise en place de systèmes et matériaux drainant est vivement encouragée, l’imperméabilisation des espaces libres est interdite. La plantation d’arbre de haute tige (dont la hauteur du tronc mesure de 180 à 250cm) est interdite à moins de 10m : - des voies publiques ou privées ouvertes à la circulation générale - des lignes aériennes électriques et télécom.
Rappel : dans les secteurs soumis à la réglementation des boisements, tout projet de semis ou de plantations d’essences forestières doit faire l’objet d’une déclaration préalable auprès du Conseil Général du Jura. Cette disposition n’est pas applicable aux parcs et jardins attenants à une habitation.
- Article N - 14 : Obligations imposées en matière de performance énergétique et environnementale
Il n’est pas imposé de prescription particulière.
- Article N - 15 : Obligations imposées en matière d’infrastructures et réseaux de communications électroniques
Lors de tous travaux, les dispositions permettant le déploiement des réseaux de communication haut débit en souterrain (fibre optique ou autre) doivent être mises en œuvre (pose de fourreaux en attente).
Annexes#
PLU Commenailles - Règlement
GUIDE DES BONNES PRATIQUES ARCHITECTURALES,
Paysageres et urbaines#
Les communes de la Bresse possèdent un patrimoine naturel et bâti de qualité qui leur confère une véritable identité. A ce titre, l’architecture des fermes bressanes et l’environnement qui les entoure (bois, prairies, étangs, bocages...) méritent d’être préservés.
La Municipalité a cette volonté de traduire, à travers son Plan Local d’Urbanisme, ces objectifs de qualité architecturale, paysagère, mais aussi urbaine et environnementale.
Toutefois la commune a souhaité aller plus loin, en voulant donner à chacun la possibilité de s’impliquer davantage dans l’amélioration et la valorisation de ce patrimoine, en guidant les choix pris lors d’un projet de construction, d’aménagement ou de rénovation.
Ce Cahier des « bonnes pratiques » architecturales et paysagères, annexé au règlement du PLU, s’applique de différentes manières :
- Comme un guide de recommandation pour tous, qui s’applique pour tous les types de projets et qui joue alors le rôle de conseil ;
- Comme un cahier de prescriptions dans certains cas dont certaines ont valeur de règles. La rédaction détermine alors ce qui est conseillé, recommandé, imposé…. Cela concerne le volet architectural uniquement et s’applique aux fermes traditionnelles et constructions anciennes présentant un intérêt patrimonial et repérées au titre de l’article L 123-1-5 7° (devenu L151-19) dans les plans de zonage. Le règlement des articles 11 des différentes zones fait référence au présent cahier des bonnes pratiques.
L’objectif de ce guide est de contribuer à la valorisation du paysage bâti de la Bresse Jurassienne et d’améliorer la qualité des constructions, des aménagements et des travaux de rénovation.
Il ne s’agit pas de « recettes » à suivre au pied levé qui empêcheraient l’inventivité et la création adaptées au contexte.
Ces recommandations ou ces prescriptions sont une invitation à une meilleure observation et une prise en compte du patrimoine local et de l’environnement.
Une construction nouvelle dans un site donné est un élément supplémentaire qui vient s’ajouter à une composition globale, dans laquelle elle doit être en harmonie. L’intégration d’un projet s’apprécie par rapport à :
- Son environnement urbain et paysager : ordonnancement du bâti, traitement des espaces publics,…
- Son environnement naturel : adaptation au climat, dans les paysages et dans la pente,…
- Son environnement bâti : volume des bâtiments, couleurs et matériaux,…
C’est autour de ces trois axes que ce Cahier des bonnes pratiques architecturales et paysagères donne des informations sur ce qui est adapté au contexte local, autant sur les objectifs de qualité à atteindre que sur les moyens pour y parvenir.
L’intégration d’un projet passe tout d’abord par sa composition urbaine qui induit une plus ou moins grande consommation d’espace. Le tracé et le dimensionnement des voies ainsi que le découpage parcellaire sont à prendre en compte en amont par les aménageurs. Le particulier pourra quant à lui veiller à optimiser l’occupation de sa parcelle par l’implantation du bâti.
Organiser le parcellaire pour rentabiliser le terrain#
- S’aménager un espace agréable et fonctionnel ne dépend pas nécessairement de la superficie totale de la parcelle mais bien souvent en premier lieu, de la délimitation d’une forme parcellaire adaptée.
- Un parcellaire de forme allongée permet une économie d’espace linéaire (voirie et réseau) pour une même superficie de terrain. À superficie égale, les parcelles allongées ont également l’avantage de donner à l’urbanisation une plus grande cohérence, évitant l’aspect visuel de dispersion ou de mitage et réduisant les vis-à-vis entre chaque habitation.
- Ainsi, on peut économiser l’espace en proposant des organisations de parcelles plus conviviales et en évitant les espaces résiduels (sans fonction) liés souvent à des mauvais découpages.
A éviter
A privilégier
Adapter la desserte et le reseau viaire#
- Privilégier autant que possible les sens uniques et une desserte par le nord des parcelles.
- Hiérarchiser les voies selon leur usage (voie de desserte, chemin piéton…) et dimensionner les chaussées au strict nécessaire. Dans le cas de voirie à double sens, les aménager pour permettre le croisement de deux véhicules (chicanes, écluses,…), permettant également de réduire la vitesse. Dans tous les cas, les voies de desserte internes aux quartiers d’habitations doivent être traitées sous formes de voies mixtes partagées.
Implanter le bati de façon a optimiser l’utilisation des parcelles#
- L’implantation du bâti en bordure de parcelle, et non au milieu, donne une plus grande cohérence à l’aménagement, structure l’espace public (effet de rue) et permet une meilleure valorisation des espaces privatifs.
- Le recours à la mitoyenneté permet également d’optimiser l’utilisation des espaces privatifs. Les longueurs de voirie sont réduites en faisant l’économie des espaces peu exploitables entre les maisons (parcelles plus étroites). Ce type d’implantation permet donc de :
- Réduire le coût de construction et la consommation d’énergie grâce à la compacité des habitations ; - Economiser du foncier et des réseaux ; - Mutualiser les équipements de proximité (chaufferie, aires de stationnement, etc.) ; - Renforcer le lien social et assurer une meilleure cohabitation.
- La densité n’est pas synonyme d’uniformité. Elle permet bien au contraire une diversification de l’offre.
Integration environnementale et paysagere#
1. L’adaptation au climat#
Une bonne implantation du bâti permet de se protéger des éléments climatiques les plus défavorables (vent froid du nord/nord-est, pluie,…), tout en tirant parti des éléments favorables (ensoleillement,…). Composer avec les éléments permet d’une part d’apporter le confort souhaité aux habitants tout en économisant de l’énergie, réduisant ainsi les coûts et l’impact sur l’environnement.
Profiter au maximum de l’ensoleillement
Orientation et agencement intérieur
- Faire attention que l’optimisation de l’ensoleillement ne se fasse pas au détriment d’une intégration d’ensemble : à la pente, au terrain naturel et au contexte bâti.
- En Bresse, le faîtage des maisons est orienté nord-sud de sorte que les façades soient éclairées le matin et l’après-midi. Même si les principes du bioclimatisme prévoient une orientation de la façade principale plein sud, il est possible de tirer parti de l’ensoleillement tout en respectant une orientation traditionnelle selon un axe nordsud.
- L’organisation interne des espaces doit tenir compte de l’ensoleillement souhaité des différentes pièces de jour et de nuit :
- Orienter de préférence les pièces de vie (cuisine, séjour) au sud/sud-est ou sud/ouest (selon l’orientation de la parcelle) et les pièces de nuit, côté soleil levant (est) ou soleil couchant (ouest).
- Positionner au nord les espaces de service tels que garage, cellier, chaufferie. Ils serviront d’espaces tampons aux pièces habitables.
- Afin d’éviter le long couloir central de liaison entre le garage et l’espace de jour, qui diminue la largeur des chambres, la galerie extérieure ou un débord de toit suffisant peut permettre de rejoindre l’un à l’autre. Ces principes sont autant valables pour la construction neuve que pour la réhabilitation d’une ancienne ferme.
Avant rénovation
Après rénovation / construction
Débord de toit Débord de toit
Écurie Grange
Pièce principale Chambre
Garage Chb Chb
SdB N
Cuisine Séjour
- Capter le soleil en hiver par des surfaces vitrées importantes au sud ; tout en évitant les surchauffe en été par la mise en place : - De végétation à feuilles caduques côté sud pour profiter de son ombre l’été tout en permettant au soleil de pénétrer l’hiver. - Des débords de toit bien conçus protégeant du soleil l’été tout en le laissant pénétrer l’hiver, - Des volets, brise soleil ou stores.
Energies renouvelables
- La pose de panneaux solaires ou photovoltaïques doit être particulièrement étudiée et est préconisée sur la toiture des annexes (qui peuvent être orientées plein sud).
- Dans le cas d’une pose sur la toiture principale de l’habitation, il est important de rechercher la meilleure intégration dans le plan de la toiture, d’éviter la multiplicité des dimensions et des implantations et de se référer à l’ordonnancement des ouvertures existantes de la façade.
Se protéger contre les intempéries : vent et humidité
- Privilégier les formes compactes de bâti pour réduire les échanges thermiques.
- Eviter les grandes baies au nord et au nord-est (sauf en cas de vue exceptionnelle).
- Planter des arbres à feuillage persistant du côté nord de la maison afin de se protéger contre les vents froids.
- Privilégier une orientation du faîtage dans le sens des vents dominants : sud-ouest/nord-est.
- Utiliser ou conserver les larges débords de toit (coyaux) qui protègent les murs en évacuant l’eau de pluie loin des façades et protège les pieds de mur.
Réinterpréter les principes architecturaux Bressans dans les projets d’architecture bioclimatique
Certains des caractéristiques de la maison bressane peuvent être transposées dans la maison bioclimatique :
- Volumétrie générale, compacité - Inertie, cœur lourd, masse - Peau isolante - Large toiture débordante - Indépendance toiture/volume - Grands espaces sous combles - Massivité du socle - Protection contre l’humidité du sol - Grande longueur - Espaces traversant
Même principes (volumes compacts, toiture débordante, socle massif, grande longueur, …) pour des projets différents :
2. Gerer l’eau pluviale#
Les précipitations abondantes en Bresse ont donné naissance à de multiples mares et étangs, véritables marqueurs de l’identité territoriale. En outre, cette richesse naturelle doit être considérée comme un bien précieux et non inépuisable qu’il convient alors d’économiser à travers le suivi de plusieurs principes de d’aménagement et de construction.
Limiter l’imperméabilisation des sols et le ruissellement
- Pour les projets d’ensemble : utiliser des voiries drainantes ou filtrantes, des aires de stationnement enherbées, des noues ou fossés, des bassins d’infiltration ou de stockage.
- Eviter les chemins d’accès en forte pente qui accentuent le ruissellement.
- Limiter les surfaces imperméabilisées aux zones d’accès et de stationnement sur la parcelle.
- Préférer les revêtements de sols perméables pour les cheminements et espaces de stationnement au sein de la parcelle.
Noue végétalisée
Gravier stabilisé
Revêtements perméables
Pavage béton
Surface enherbée
Utiliser les eaux pluviales
- Récupérer et stocker les eaux de toiture par des dispositifs de bassin ou de cuve de rétention.
- Prévoir en amont un réseau séparatif eau pluviale/ eau potable au sein du bâti.
- Réutiliser l’eau pluviale pour réduire sa consommation d’eau potable (arrosage, chasse d’eau, lave-linge,…)
3. Traiter les limites parcellaires#
Les clôtures ou haies qui délimitent la parcelle établissent un dialogue avec l’environnement extérieur et peuvent influer grandement sur la perception générale de l’ambiance de la rue et du quartier. Elles doivent donc être traitées en fonction de l’identité générale des lieux.
Les clôtures, murets et haies ne doivent en aucun cas venir gêner la visibilité pour la circulation routière.
Comment bien délimiter sa parcelle ?
Le choix de clôtures, murs et haies est déterminé par l’ambiance que l’on veut donner de la rue et de son jardin. Il convient de concilier : - un accueil chaleureux en venant de la rue - une transition douce entre espace public et espace privé - des vues sur le grand paysage - des liens avec les clôtures, la végétation et les jardins alentours - la préservation d’espaces intimes dans le jardin « à vivre »
Deux ou trois principes peuvent être combinés tels que : - Une petite haie basse ou un massif de plantes vivaces soulignant la limite de propriété, - Une haie vive d’essences locales accompagnée ou non d’un grillage, - Un mur en maçonnerie de petits éléments, en pisé ou en enduit comme la maison, - Un mur bahut surmonté ou non d’une grille.
L’intérêt de ne pas clore la totalité de sa parcelle : espaces de vue et espaces d’intimité
A privilégier
A éviter
L’important étant de ne pas utiliser le même principe sur la totalité du pourtour de la parcelle. Il est tout à fait possible de bénéficier d’espaces d’intimité sans pour autant se clore totalement.
Les clôtures et murs
Les clôtures
- Même si les écrans et les clôtures en bois sont particulièrement adaptés en Bresse, rester discret dans le dessin de ces éléments.
- Eviter de fermer sa parcelle par des murs ou des haies trop hautes.
- L’usage de palissade pleine en bois ou en plastique sur tout le pourtour de la parcelle est interdit.
Les murs
Bien que les murs de clôture ne soient aussi nombreux que dans les régions de pierre, il est possible d’avoir recours à ce type de procédés pour limiter son terrain, en suivant quelques principes :
- Traiter l’endroit du mur de la même nature et de la même couleur que ceux du bâtiment principal.
- Choisir des teintes d’enduits se rapprochant des teintes locales.
- Bien réfléchir à l’emplacement du portail et du portillon. Rester simple dans le traitement des piliers
- Penser à l’intégration des coffrets techniques et de la boîte aux lettres
- Ne pas oublier le drainage en pied de mur et éventuellement l’association d’un petit fossé en pied de mur pour l’évacuation des eaux pluviales
- Ne pas laisser bruts les matériaux qui ont besoin de finitions (parpaing ou briques à enduire...)
Les haies
Hormis son statut de séparation et de clôture, la haie joue un rôle écologique important comme abri d’espèces végétales et animales (oiseaux, papillons...)
Les haies sont généralement les premières images que l’on a d’une propriété. C’est pourquoi certains principes sont à respecter :
- Prendre en compte les arbres, bosquets ou haies présents sur la parcelle : les recenser, évaluer leur qualité et leur intérêt, les préserver au maximum.
- Eviter les haies d’aspect rigide, composées d’une seule espèce (thuyas, lauriers, …) qui banalisent le paysage, les rendent monotones, isolent l’habitation et limitent les perspectives visuelles.
- Privilégier les haies vives, composées d’essences variées et adaptées aux conditions locales (sol, climat,…), qui : - participent à l’agrément du jardin, - valorisent l’identité paysagère, - favorisent la diversité écologique, - permettent d’obtenir une meilleure résistance aux attaques parasitaires (moins de transmission entre végétaux de la même espèce).
Haie vive composée d’essences variées
Liste indicative d’essences adaptées aux conditions locales :
- Arbustes : Cassinier, groseillier rouge, groseillier épineux, églantier sauvage, cornouiller mâle, cornouiller sanguin, boule de neige, sureau noir, buis commun, camerisier des Alpes, fusain d’Europe, lilas commun, noisetier-coudrier, prunelier-épine noir, prunier myrobolan, épine blanche, cytise aubour, troène, forsythia...
Groseillier rouge Eglantier sauvage Cornouiller sanguin
Boule de neige Camerisier des Alpes
Fusain d’Europe
Lila commun
Prunelier
Prunier
Cytise aubour
- Arbres : Saule marsault pleureur, saule fragile, sorbier des oiseleurs, érable champêtre, sorbier domestique, érable plane, charme commun, châtaignier commun, marronnier d’inde, merisier, frêne commun, tremble, noyer commun, aulne glutineux, tilleul à petites feuilles, bois de Sainte Lucie, peuplier, charmille, bouleau... ainsi que les arbres fruitier en général.
- Les haies, bien conçues, permettent également de se protéger du vent : - Une haie dense et imperméable crée des tourbillons (ex : thuyas) (1) - Un alignement d’arbres crée une accélération du vent au niveau du sol (2) - Une haie d’essences feuillus variée et semi-perméables crée une protection efficace (3)
Haie dense
Haies et protection contre le vent Alignement d’arbres
Haie variée et semi-perméable
1. La relation au site#
- Conserver au maximum la végétation existante.
- Pour toutes nouvelles plantations, utiliser des essences de plantes locales en reprenant la structure végétale du paysage local si elle est intéressante : haies, bosquets, arbres isolés, alignements, vergers, bandes enherbées le long des bâtiments....
- Le végétal doit servir d’écrin à la construction et ne dissimuler que les éléments disgracieux (stockage extérieur de fumier, fosse...).
Les terrassements
- Retrouver autant que possible les pentes du terrain naturel. Quand les talutages sont trop forts, utiliser des murs de soutènement de matériaux identiques aux bâtiments.
- Enherber les talus et les surfaces terrassées dans l’année qui suit la construction.
Les équipements annexes
- Toutes les constructions envisagées (stockage fourrage, fumière couverte, hangar matériel, silos, fosse à lisier...) doivent être prises en compte dans une réflexion globale. Leur positionnement, leur couleur, leur forme seront cohérents et formeront une unité avec le bâtiment principal.
- Pour les silos à grains : procéder à leur intégration en les plaçant à l’intérieur du bâtiment ou en les peignant dans des couleurs se rapprochant des bâtiments auxquels ils s’accolent.