Principes d’insertion
Les critères à prendre en compte pour une bonne insertion sont nombreux. Les plus importants sont listés ci-après.
- La topographie du terrain C’est le plan du bâtiment qui doit s’adapter au terrain et non l’inverse. Adapter une construction à la pente, c’est respecter le profil du terrain naturel en le modifiant le moins possible. Toutes les constructions doivent s’adapter très étroitement à la topographie du terrain naturel, en tenant compte du niveau de la voie de desserte :
- sur les terrains plats ou à faibles pentes (jusqu’à 15 %), les accès principaux à la construction (entrée, garage), sont de plain-pied, à + 50 cm maximum par rapport au terrain naturel. Lorsqu’ils sont intégrés au volume principal, le garage et les annexes sont de même niveau que celui-ci.
- en cas de déclivité plus importante du terrain naturel ou de topographie irrégulière, la volumétrie de la construction s’adapte à la pente et l’accès à niveau depuis la voie publique est privilégié pour le garage. Des terrassements pourront être autorisés s’ils contribuent à une meilleure insertion de la construction dans l’environnement proche. Le principe étant la simplicité et l’économie, les terrassements se limitent à l’emprise de la construction et à ses prolongements immédiats ; éviter tout mouvement de terrain qui ne serait pas utile à l’implantation d’une construction notamment en limite séparative où le terrain naturel ne doit pas être modifié. Les murs de soutènement ou les talus seront en continuité avec la construction, leur hauteur est limitée à 1,50 m maximum. Le traitement doit assurer une insertion paysagère satisfaisante. Privilégier les murs en pierres appareillées ou en maçonnerie enduites. La création de talus disgracieux ou de murs de soutènement en blocs d’enrochements non appareillés est strictement interdite. Les constructions sur pilotis ou partiellement sur poteaux sont interdites, à l’exception des terrasses.
- L’accès depuis la voie publique. A partir de la route, la voiture doit pouvoir accéder tout de suite au garage ; si le terrain est en pente, l’accès doit être :
- soit à niveau ;
- soit assuré par un chemin (voie circulée) qui sera le plus court et le moins large possible afin de réduire son impact paysager et les contraintes qui lui sont liées : terrassement et entretien. La pente de ce chemin ne doit pas excéder 10 %. - Les vues et les expositions, le sens du vent dominant pour s’en protéger… - Le contexte et l’implantation des constructions environnantes : bien s’intégrer dans un paysage, ce n’est pas se dissimuler derrière un rideau végétal ou un mur, c’est s’y insérer et y trouver sa place en créant des liens harmonieux avec son environnement proche.
UH.5.2 Caractéristiques architecturales des façades et toitures des constructions ainsi que des clôtures#
En l’absence de précision, les règles ci-dessous s’appliquent aux constructions nouvelles et aux travaux effectués sur des constructions existantes.
Dispositions generales#
- Pour rappel, le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales (article R 111-27 du Code de l’Urbanisme).
- Les constructions nouvelles et les travaux effectués sur des constructions existantes doivent établir une continuité évidente de perception et d’aménagement avec le bâti existant environnant, tant pour les visions proches que lointaines. Pour ce faire, elles seront composées dans un rapport étroit avec les constructions voisines en intégrant les grands principes de leur volumétrie, le rythme des percements et le lien avec l’espace public. De plus, les choix en matière d’implantation, et d’aspect des constructions à réaliser ou à modifier devront être faits en tenant compte de l’environnement bâti ou naturel.
- Les différentes parties d’un bâtiment doivent être traitées d’une façon harmonieuse. Les matériaux naturels sont à privilégier. L’emploi d’autres matériaux pourra être envisagé dans la mesure où leur texture, leur aspect, leur teinte s’harmonisent avec ceux des matériaux naturels.
- Toute nouvelle construction s’inscrivant dans une démarche de qualité environnementale et durable (isolation par l’extérieur, capteurs solaires ou photovoltaïques intégrés architecturalement…) est autorisée à condition de ne pas porter atteinte à la qualité des lieux avoisinants, des sites et des paysages.
- Les installations techniques (aérothermie, climatiseurs…) ne devront pas être perceptibles depuis l’espace public. Elles seront prioritairement installées à l’intérieur des constructions. En cas d’impossibilité technique, elles pourront être installées sur les façades à condition d’être encastrées et habillées d’une grille de couleur similaire à celle de la façade du bâtiment.
- Les antennes paraboliques sont formellement interdites en façade. Elles devront être installées en toiture de manière discrète. Toutefois, une implantation autre sera autorisée dans la mesure où le dispositif ne sera pas perceptible de l’espace public.
- Les constructions et installations destinées aux équipements d’intérêt collectif et services publics autorisés dans la zone ne sont pas soumises aux dispositions réglementaires relatives aux caractéristiques architecturales des façades et toitures ainsi que des clôtures. Cependant, leur architecture et leur aspect extérieur devront assurer une bonne intégration dans le paysage naturel ou urbain environnant.
Caracteristiques des toitures#
Règles particulières pour les nouvelles constructions et les constructions existantes ne correspondant pas à du bâti ancien traditionnel
- Les toitures sont à deux pans, avec ou sans croupe bugiste. Elles doivent respecter une pente minimum de 60 % avec un débord de 60 cm minimum (à l’exception du cas où une construction est implantée en limite séparative : les débords y sont alors interdits) et assurer une harmonie avec les toitures existantes environnantes.
- Les toitures à pentes inversées sont interdites.
Toiture à pentes inversées nommée aussi toiture papillon
- Les couvertures des toitures à pans seront dans le ton général des toitures environnantes. En fonction du contexte local, elles seront : soit dans les tons de gris moyen, soit brun, soit rouge nuancé ou vieilli. Les teintes noires ou rouge vif sont interdites.
- Les toitures terrasses ou de faible pente (jusqu’à 15 %) sont admises sous réserve d’être intégrées, de façon accessoire, à une construction dont la toiture principale est à pans. De plus, elles devront être soit accessibles, soit végétalisées.
Illustration d’une toiture terrasse accessible et intégrée de façon accessoire à une construction dont la toiture principale est à pans.
- Les règles ci-dessus concernant la forme des toitures ne s’imposent pas :
- aux vérandas, pergolas et carports adossés à une construction principale et disposant d’un accès direct à cette même construction. Cependant, ces éléments devront être conçus en veillant à leur intégration architecturale et paysagère ;
- aux constructions annexes (accolées ou non à la construction principale et sans accès direct depuis la construction principale) sous réserve cependant d’être conçues en harmonie avec la construction principale dont elles dépendent ;
- aux constructions existantes à la date d’approbation du PLU ne respectant pas les règles générales et à leurs éventuelles extensions.
- Les règles ci-dessus concernant la couleur des toitures ne s’imposent pas :
- aux vérandas, pergolas et carports adossés à une construction principale et disposant d’un accès direct à cette même construction. Cependant, ces éléments devront être conçus en veillant à leur intégration architecturale et paysagère ;
- aux constructions annexes (accolées ou non à la construction principale et sans accès direct depuis la construction principale) sous réserve cependant d’être conçues en harmonie avec la construction principale dont elles dépendent.
- Les panneaux solaires sont autorisés en toiture (photovoltaïque et thermique) sous réserve d’une intégration paysagère. Les panneaux devront être inclinés selon la même pente que celle du toit : les poses formant un angle avec le pan de toit sont interdites.
Panneau solaire incliné selon la même pente que cette du toit.
Panneau solaire dont la pose forme un angle avec le pan de toit.
Règles particulières pour les bâtiments anciens d’architecture traditionnelle7 - Les caractéristiques des toitures anciennes traditionnelles du Bugey doivent être conservées (forme générale, pente, débords, consoles de soutiens, pignon à redents surmonté d’une pierre décorative, épi de faîtage, souches de cheminées, couleur des couvertures…).
Pignons à redents surmontés de pierres décoratives
7 Source principale des illustrations : Recueil de fiches-conseils en architecture, urbanisme et environnement du Bugey, CAUE de l’Ain pour le Pays d’Accueil du Bugey, janvier 2000.
- Les tuiles d’aspect canal ou fortement galbées (type oméga) sont interdites.
Tuile canal et tuiles oméga
- Les ouvertures de type « chien-assis » sont interdites.
Lucarne type « chien-assis » à ne pas confondre avec la lucarne type « jacobine » qui est admise.
- Dans le cas d’un projet d’extension d’un bâtiment ancien d’architecture traditionnelle :
- les toitures terrasses ou de faible pente (jusqu’à 15 %) peuvent être admises sous réserve de rester accessoire à la toiture principale ancienne. De plus, elles devront être soit accessibles, soit végétalisées.
- sinon, les toitures seront à pans et devront respecter les codes de la toiture ancienne (tant en terme de simplicité de forme, de pente, de débords, que de couleur).
- Les panneaux solaires sont autorisés en toiture (photovoltaïque et thermique) sous réserve d’une intégration paysagère. Les panneaux devront être inclinés selon la même pente que celle du toit : les poses formant un angle avec le pan de toit sont interdites.
Caracteristiques des façades#
Règles particulières pour les nouvelles constructions et les constructions existantes ne correspondant pas à du bâti ancien traditionnel
- L’emploi à nu des matériaux destinés à être enduits et les imitations de matériaux sont interdits. - Les traitements et finitions de surfaces des façades sont mats et non brillants. - Les pastiches d’architecture étrangère à la région, tels que chalets alpins, maisons scandinaves ainsi que les systèmes constructifs apparents (rondins) sont interdits. - Les éléments faussement rustiques (crépis grossiers, fausses pierres d’angles, faux linteaux en bois…)
sont interdits. - Les surfaces des façades doivent être sobres et planes. Les finitions rustiques sont interdites. - Les couleurs des façades doivent être en harmonie avec la gamme chromatique du bâti environnant, dans des tons proches, plus ou moins foncés : tons pierres, blancs cassés, gris, beiges, bruns, qui doivent rester dans l’esprit des couleurs des matériaux naturels utilisés traditionnellement (pierres et sables locaux). L’usage de couleurs vives est interdit.
- Les menuiseries (portes, portes de garage, fenêtres, volets) devront avoir une teinte de finition en harmonie avec la teinte de la façade. Chaque élément (portes, portes de garage, fenêtres, volets) devra être traité de façon uniforme (une teinte unique pour tous les volets, une teinte unique pour toutes les fenêtres…). Pour les portes et volets, la couleur est encouragée sous réserve d’une harmonisation avec celles des bâtiments avoisinants. Ils peuvent également être de teinte bois.
- Les volets sont :
- soit battants ;
- soit de type coulissants ;
- soit de type roulants à condition que le caisson d’enroulement ne soit pas visible en façade.
Exceptionnellement, en cas de rénovation/réhabilitation d’une construction existante, le caisson d’enroulement pourra être visible en façade dans l’embrasure de la fenêtre (installation en saillie de la façade strictement interdite) si aucune autre solution n’est envisageable pour des raisons techniques.
- Les constructions annexes doivent être traitées en harmonie (couleur, matériaux…) avec la construction principale dont ils dépendent.
Règles particulières pour la rénovation d’un bâtiment ancien d’architecture traditionnelle8
- Les parements en pierre de taille et les murs en moellons de calcaire doivent être conservés.
- Les pierres d’encadrement des portes et fenêtres et les chaînages d’angles en pierres taillées doivent être conservés et restés apparents (il est interdit de les enduire).
- Les murs en pierre peuvent être enduits, sauf pour les murs en pierre de taille où la pierre doit rester totalement apparente. Seuls les enduits perspirants 9 adaptés aux maçonneries anciennes sont autorisés pour leur restauration. Les couleurs des façades doivent être en harmonie avec la gamme chromatique du bâti environnant, dans des tons proches, plus ou moins foncés : tons pierres, blancs cassés, gris, beiges, bruns, qui doivent rester dans l’esprit des couleurs des matériaux naturels utilisés traditionnellement (pierres et sables locaux). L’usage de couleurs vives est interdit. Les finitions rustiques sont interdites. L’amortissement de l’enduit sur les pierres d’encadrement doit être en retrait ou dans le plan de la pierre. Les enduits en surépaisseur sont strictement interdits.
8 Source principale des illustrations : Recueil de fiches-conseils en architecture, urbanisme et environnement du Bugey, CAUE de l’Ain pour le Pays d’Accueil du Bugey, janvier 2000. 9 Les matériaux perspirants permettent l’évacuation de l’humidité d’un mur tout en assurant une étanchéité à l’eau.
- S’ils ne sont pas enduits, les murs en pierre peuvent être traités « à pierre vue », c’est-à-dire en joints pleins largement beurrés et grattés à fleur de pierre (seule la tête des pierres émerge du mortier). Le rejointoiement en creux qui rend les maçonneries perméables et nuit à l’aspect d’ensemble du mur sont interdits. L’enduit « à pierre vue » doit affleurer sans bourrelet ni biseau à la surface des pierres d’encadrement.
- Si les murs en pierre ne sont pas enduits, les pierres apparentes doivent être jointoyées au mortier à base de chaux et sable grossier. Les joints au ciment gris foncés sont interdits, de même que les finitions en relief et/ou lissées au fer, ou les joints en creux.
Joints ciments gris foncés
- Les murs en pisé sains doivent être conservés. - Les percements d’ouvertures devront être composés sur des axes verticaux sur des ouvertures existantes afin de respecter l’ordonnancement des façades et reprendre si possible les dimensions d’une ouverture déjà existante. Le doublement d’une fenêtre existante par une deuxième fenêtre de mêmes dimensions est également autorisé. Cette solution est préférable à un élargissement d’une baie existante qui en modifie les proportions.
- Les encadrements des nouvelles ouvertures devront être traitées de façon harmonieuse avec ceux des ouvertures existantes : ils seront en pierres de même nature et de même teinte et le linteau sera soit en pierre, soit constitué d’une poutre. Dans le cas de façades enduites, on pourra aussi opter pour un cadre peint en blanc cassé de largeur constante. Le traitement des encadrements des nouvelles ouvertures est obligatoire.
- Les balcons doivent être conservés et leurs éléments de décoration, s’ils ont un intérêt décoratif, maintenus ou remplacés à l’identique (ferronneries et gardes corps en bois).
- Les principales caractéristiques des menuiseries présentant un intérêt esthétique doivent être maintenues (porte d’entrée à planches larges ou à panneaux, fenêtres à carreaux…).
- Les volets doivent être battants. En complément, des volets roulant peuvent être installés. Le caisson d’enroulement pourra être visible en façade dans l’embrasure de la fenêtre (installation en saillie de la façade strictement interdite) si aucune autre solution n’est envisageable pour des raisons techniques.
- Les caractéristiques architecturales des cadres des portes de granges doivent être préservées (pieds droits en pierre de taille, linteau voûté en anse de panier en pierre de taille ou constitué d’une poutre en bois courbée).
- En cas d’adaptation d’une porte de grange, il convient de concilier les nouvelles fonctions (ex : transformation en garage) avec la forme de l’ouverture, son encadrement et le respect de l’esthétique générale de la façade. La conservation de la porte existante peut être imposé si son intérêt architectural et esthétique le justifie, notamment pour celles dont les poutres centrales s’encastrent l’une dans l’autre en dessinant un « S ».
CARACTERISTIQUES DES CLÔTURES - Les murs et murets de pierres sèches doivent être conservés, de même que les clôtures anciennes constituées de pierres plantées dans le sol, nommées « pierres debout » ou « pierres plantes », avec toutefois la possibilité de modifier ou de créer des ouvertures si besoin.
- Les murs en pisé sains doivent être conservés, avec toutefois la possibilité de modifier ou de créer des ouvertures si besoin.
- Les clôtures doivent en premier lieu présenter une harmonie de traitement au regard des constructions et clôtures déjà existantes. Elles doivent de plus prendre en compte les impératifs d’écoulement des eaux, notamment par leur nature, leurs caractéristiques, leur mode d’ancrage, leurs dimensions et leur orientation. Elles peuvent, sur un même tènement, faire l’objet d’un traitement différencié selon leur implantation en limite de voie ou en limite séparative.
- Les nouvelles clôtures seront composées :
- de murets maçonnés surmontés ou non de dispositifs à claire-voie qui ne pourront en aucun cas être de couleur blanche ;
- de haies vives d’essences locales et variées éventuellement doublées d’un grillage.
- Les canisses et filets brise-vue sont interdits.
Clôtures surmontées d’une canisse ou d’un filet brise-vue.
- La hauteur maximale des clôtures est fixée à :
- 1,5 mètre en limite des voies publiques ou privées ouvertes à la circulation publique ;
- 2 mètres en limite séparative.
- Une hauteur différente pourra être imposée pour tenir compte de la hauteur des murets des parcelles voisines lorsqu’ils existent.
- Le choix de traitement des clôtures et du portail devra être harmonieux et devra être fixé en veillant à la cohérence avec la construction.
- Les coffrets techniques et les boîtes aux lettres seront intégrés dans la façade du bâtiment, dans un muret de clôture ou de soutènement, dans une porte ou un portail, ou dans une haie.
UH.5.3 Prescriptions relatives aux bâtiments ou éléments d’intérêt patrimonial et aux secteurs d’intérêt protégés