. Spécificité du risque particulier : 2.2.2. Caractéristiques techniques des voies d’accès
2.3. Cohérence d’ensemble, approche globale#
3. Ressources en eau - points d’eau incendie#
3.1. Le registre départemental des PEI#
3.2. Les poteaux d’incendie (PI) et le bouches d’incendie (BI) raccordés sur un réseau de distribution#
3.3. PI / BI normés (Annexe 5) 3.4. Les points d’eau incendie naturels#
3.5. PEI artificiels ou réserves#
3.5.1. Cas particulier des piscines#
3.6. Mutualisation des ressources en eau#
3.7. Tableau récapitulatif des PEI#
3.8. Modalités de réception et de contrôle#
3.8.1. Réception#
3.8.1.1.
Réception des hydrants (PI, BI), des points d’aspiration et réserves.
3.8.1.2. Cas particulier de simultanéité des débits.
3.8.2 Contrôles des PEI 3.8.2.1 Contrôle hydraulique périodique des hydrants. 3.8.2.2 Contrôle opérationnel périodique des PEI.
3.9. Signalisation des PEI#
3.9.1. Couleur des appareils#
3.9.2. Exigences minimales de signalisation (Annexe 4)#
3.9.3. Protection et signalisation complémentaire#
3.9.4. Représentation cartographique#
S.D.I.S. 19#
4. L’arrete municipal ou intercommunal de DECI et le schema communal ou intercommunal de DECI#
4.1. L’arrêté municipal ou intercommunal de DECI 4.1.1. Objectifs de l’arrêté 4.1.2. Elaboration et mise à jour
4.2 Schéma communal ou intercommunal de DECI 4.2.1. Objectif d’un schéma de DECI 4.2.2 Contenu du schéma 4.2.2.1. Etat des lieux constructif 4.2.2.2. Etat DECI et réseau AEP 4.2.2.3. Ressources potentiellement utilisables pour la DECI 4.2.3. Partenaires de la réalisation du schéma 4.2.4. Procédure de mise en application et révision.
5. Annexes#
Annexe 1#
Calcul du volume de DECI : Application technique de la règle de calcul du guide D9
Annexe 2#
Caractéristiques techniques des voies d’accès.
Annexe 3#
Schémas de principe d’aménagement de PEI
Annexe 4#
Signalisation PEI
Annexe 5#
Les normes :
Annexe 6#
Fiches de réception et de contrôles
Annexe 7#
Fiche d’information du résultat des contrôles SDIS aux communes
Annexe 8#
Symbolique cartographique des PEI
Annexe 9#
Le schéma communal ou intercommunal de D.E.C.I.
S.D.I.S. 19 Introduction#
La défense extérieure contre l’incendie (DECI) a pour projet d’assurer, en fonction des besoins résultant des risques à prendre en compte, l’alimentation en eau des moyens des services d’incendie et de secours par l’intermédiaire de points d’eau identifiés à cette fin.
Elle est instituée par un cadre législatif hiérarchisé.
Un cadre national
Le code général des collectivités territoriales s’est vu modifié par la loi N° 2011-525 du 17 mai 2011 de simplification et d’amélioration de la qualité du droit ;
Les articles L. 2213-32, L.2225-1 à 4 et L. 5211-9-2-I intègrent l’aspect législatif,
Les articles R. 2225-1 à 10, porté par le décret n° 2015-235 du 27 février 2015 relatif à la défense extérieure contre l’incendie,
L’arrêté n° NOR INTE1522200A du 15 décembre 2015 fixant le référentiel national. Document technique de la DECI.
Un cadre départemental
L’article R.2225-3 du CGCT instituant le règlement départemental de défense extérieure contre l’incendie, objet du présent contenu de ce document.
Un cadre communal ou intercommunal
Les articles R.2225-4 à 6 du CGCT décrit le cadre de l’arrêté du maire et/ou du président d’EPCI à fiscalité propre fixant, la liste des points d’eau incendie du territoire concerné et le schéma communal ou intercommunal de DECI.
La partie législative du CGCT, issue de la loi n°2011-525 du 17 mai 2011 de simplification et d’amélioration de la qualité du droit, implique que :
- L’article L. 2213-32 crée la police administrative spéciale de la DECI placée sous l'autorité du maire. Le maire doit s’assurer de l’existence, de la suffisance et de la disponibilité des ressources en eau pour la lutte contre l’incendie, au regard des risques à défendre.
- Les articles L. 2225-1, 2 et 3 au sein du chapitre « défense extérieure contre l’incendie » : x définissent son objet : les communes doivent assurer en permanence l'alimentation en eau des moyens de lutte contre les incendies ; x distinguent la défense extérieure contre l'incendie, d’une part des missions des services d’incendie et de secours et d’autre part des missions du service public de l’eau ; x érigent un service public communal de la DECI ; x éclaircissent les rapports juridiques entre la gestion de la DECI et celle des réseaux d’eau potable. Le service public de la DECI ne doit pas être confondu avec le service public de l’eau. Ainsi, les investissements nécessaires pour alimenter en eau les poteaux et bouches d’incendie ne sont pas payés par les abonnés du service de l’eau, mais par le budget communal ou intercommunal de la DECI ; x inscrivent cette compétence de gestion au rang des compétences communales. La loi, en créant cette compétence, permet le transfert facultatif de la DECI aux établissements publics de coopération intercommunale (EPCI).
S.D.I.S. 19#
Ceci permet la mutualisation : groupement d’achats d’équipements ou réalisation sur de plus grandes échelles des travaux d’installation et de maintenance des points d’eau incendie. Enfin, l’article L. 5211-9-2 rend possible le transfert du pouvoir de police spéciale de la DECI du maire vers le président de l'EPCI à fiscalité propre.
Seules conditions préalables à ce transfert facultatif, il faut que le service public de la DECI soit transféré à l’EPCI à fiscalité propre et que l’ensemble des maires de l’EPCI transfèrent leur pouvoir. Ainsi, la commune et le maire peuvent transférer l’intégralité du domaine de la DECI (service public et pouvoir de police) à un EPCI à fiscalité propre, s’ils le souhaitent.
La partie réglementaire du CGCT issue du décret n° 2015-235 du 27 février 2015 relatif à la défense extérieure contre l’incendie, complète ces dispositions en définissant :
- la notion de point d’eau incendie (PEI), constitués d’ouvrages publics ou privés (article R. 2225-1) ;
- le contenu du présent référentiel (article R. 2225-2) ; - le contenu et la méthode d’adoption du règlement départemental de DECI (article R. 2225-3) ; - la conception de la DECI par le maire ou le président de l’EPCI à fiscalité propre (article
R. 2225-4) ; - le contenu et la méthode d’adoption du schéma communal ou intercommunal de DECI Ce schéma est facultatif (article R. 2225-5 et 6) ; - les objets du service public de DECI pris en charge par la commune ou l’EPCI et les possibilités de prise en charge de tout ou partie de ses objets par des tiers (article R. 2225-7) ; - les modalités d’utilisation des réseaux d’adduction d’eau potable au profit de la DECI (article R. 2225-8) ; - les notions de contrôle des points d’eau incendie (évaluation de leurs capacités) sous l’autorité de la police spéciale de la DECI (article R.2225-9) et de reconnaissance opérationnelle de ceux-ci par les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) (article R. 2225-10).
Le règlement départemental de défense extérieure contre l’incendie (R.D.DECI)
Instauré par l’article R. 2225-3 du CGCT, le R.D.DECI est la clef de voûte de la nouvelle réglementation de la DECI.
Ce règlement étaye non seulement les moyens nécessaires pour la lutte contre l’incendie du cadre bâti et des risques identifiés mais également dicte la stratégie pour un nombre non exhaustif de partenaires et d’acteurs :
x les élus pour leurs responsabilités, x les administrations, services de l’état ou de collectivité dans le cadre de leurs missions portant sur l’aménagement du territoire, x les sociétés d’affermage pour la gestion des réseaux de distribution d’eau potable, x les porteurs de projets privés ou public, les propriétaires de plans d’eau, les chambres consulaires, x les bureaux d’étude et tout acteur amené à élaborer un projet d’urbanisme.
C'est à ce niveau que sont élaborées les « grilles de couverture » des risques d’incendie respectant le principe d’objectif de sécurité à atteindre, notamment dans le choix des points d’eau incendie (PEI) possibles.
S.D.I.S. 19#
Ce règlement est réalisé à partir d’une large et obligatoire concertation avec les élus et les autres partenaires de la DECI notamment les services publics de l’eau. Il est rédigé par le SDIS.
Il est arrêté par le préfet.
Il permet de fixer des solutions adaptées aux risques à défendre, en prenant en compte les moyens et les techniques des SDIS ainsi que leurs évolutions. Il est ainsi cohérent avec le schéma départemental d’analyse et de couverture des risques (SDACR).
Il est complémentaire du règlement opérationnel du SDIS.
S.D.I.S. 19#
1. Analyse et classification des risques incendie#
L’efficacité des opérations de lutte contre les incendies dépend notamment de l’adéquation entre les besoins en eau pour l’extinction des bâtiments concernés et les ressources disponibles.
Cette adéquation est obtenue par un travail d’analyse permettant de proportionner la ressource en eau au regard des risques à couvrir. L’analyse de risques est un des principes fondateurs de la DECI.
Il s’agit de distinguer les types de bâtiments dont l’incendie présente un risque couramment représenté et pour lesquels il est possible de proposer des mesures génériques, de ceux dont les particularités génèrent un risque qui nécessite une étude spécifique.
Ainsi il est possible de différencier les bâtiments ou les ensembles de bâtiments à risque courant de ceux à risque particulier.
1.1. Les risques courants#
Les bâtiments à risque courant sont tous les bâtiments ou ensembles de bâtiments fortement représentés, dont la surface de plancher développé est inférieure 1000 m².
Les bâtiments à risque courant se décomposent en 3 sous catégories.
Pour chacune de ces catégories, il est défini une zone dénommée « zone DECI ». Cette zone est délimitée, à partir d’un PEI, par tous les points accessibles et situés à une distance maximale de 400 m pour les risques courant faible et ordinaire et de 200 m pour les risques courants importants.
A noter que pour le risque courant important la distance maximale peut être portée à 400 mètres si le PEI couvrant la DECI est soit un point d’aspiration soit une citerne dont le volume disponible en deux heures est de 120 m3.
La distance est mesurée et délimitée par les voies carrossables et/ou les cheminements empruntables par les moyens utilisés par les sapeurs-pompiers.
1.1.1. Le risque courant faible Bâtiment ou ensemble de bâtiments dont la surface de plancher développé est inférieure ou égale à 250 m², et : - distant pour le premier a minima de 5 mètres de toutes autres constructions sur son pourtour, - pour le second dont l’isolement constructif est égal à une résistance au feu de 1 heure.
L’isolement constructif entre construction doit être étudié au cas par cas.
Nota : Il ne peut pas exister deux zones de défense incendie pour le risque courant faible si celles-ci sont distantes de moins de 400 mètres. Si deux zones de risque courant faible ne répondent pas à ce critère de distance cela devient une zone de risque courant ordinaire et de fait le volume de DECI doit répondre aux principes du risque courant ordinaire.
S.D.I.S. 19#
1.1.2. Le risque courant ordinaire Bâtiment ou ensemble de bâtiments dont la surface de plancher développé est supérieure à 250 m² mais inférieure ou égale à 500 m², et : - distant pour le premier a minima de 5 mètres de toutes autres constructions sur son pourtour, - pour le second dont l’isolement constructif est égal à une résistance au feu de 1 heure.
L’isolement constructif entre construction doit être étudié au cas par cas.
Les types de destinations sont les habitations, les activités tertiaires, les ERP du 2ème groupe sans hébergement et certains types du 1er groupe.
Nota : Il ne peut pas exister deux zones de défense incendie pour le risque courant ordinaire si celles-ci sont distantes de moins de 400 mètres. Si deux zones de risque courant ordinaire ne répondent pas à ce critère de distance cela devient une zone de risque courant important et de fait le volume de DECI doit répondre aux principes du risque courant important.
1.1.3. Le risque courant important Bâtiment ou ensemble de bâtiments dont la surface de plancher développé est supérieure à 500 m² mais inférieure ou égale à 1 000 m², et : - distant pour le premier a minima de 8 mètres de toutes autres constructions sur son pourtour, - pour le second dont l’isolement constructif est égal à une résistance au feu de 2 heures.
L’isolement constructif entre construction doit être étudié au cas par cas.
Dans les cas où la zone de risque courant important ne répond pas à ces critères, la DECI est traitée comme risque particulier.
Le volume d’eau disponible sur deux heures est quantifié suivant le principe du guide pratique pour le dimensionnement des besoins en eau de lutte contre l’incendie (D9).
L’analyse du risque incendie tient compte des éléments suivants : ¾ L’isolement des bâtiments caractérisé par la résistance au feu des matériaux de construction utilisés, ¾ La distance entre les bâtiments.
Ces deux éléments ont pour objectif de faire obstacle à la propagation d’un incendie soit d’un bâtiment à l’autre, soit d’une surface à l’autre dans une même construction.
Le but de cet isolement a un impact direct sur le volume de DECI nécessaire à la lutte contre l’incendie.
Le tableau ci-après synthétise les valeurs minimales prises en référence pour déterminer les caractéristiques d’isolement, des constructions entre elles.
S.D.I.S. 19#
Type de construction
Habitation
1ère famille 2ème famille 3ème famille A B 4ème famille
Igh#
ERP du 1er
groupe
L(1) M S t ps. jour n p rsh s V w X y#
ERP du 2ème groupe
Ert#
Bâtiments agricoles Autres
Isolement
Constructif CF ou REI Distance du bâtiment extérieur intérieur
tiers en mètres
1 h ou 60’#
5
1 h ou 60’#
5
2 h ou 120’#
8
2 h ou 120’#
8
2 h ou 120’#
8
3 h ou 180’#
8
2 h ou 120’#
8
2 h ou 120’#
8
Observations
Conforme à l’arrêté du 13 janvier 1986
Conforme à l’arrêté du 30 décembre 2011
Conforme à l’arrêté du 25 juin 1980
1 h ou 60’#
2 h ou 120’ 2 h ou 120’ 2 h ou 120’#
Conforme à l’arrêté du 5
22 juin 1990 Peut être majorée pour 8 certaine ICPE 8 8#
1.2. Les risques particuliers#
Le risque particulier est défini par toute construction qui n’est pas décrite ci-dessus.
Le volume de DECI est calculé suivant le principe du guide D9. L’application technique des règles de calcul est précisée en annexe 1. L’analyse est basée sur les éléments indicatifs suivants :
¾ Le potentiel calorifique (faible, fort) ¾ L’isolement par rapport aux autres bâtiments ¾ La surface ou le volume le plus défavorable
2. Dimensionnement de la DECI#
2.1. Grilles de dimensionnement et de couverture#
Les tableaux suivants indiquent : - La DECI nécessaire et disponible dans un temps donné, - La distance maximale du PEI vis-à-vis du risque identifié, - Le nombre possible de PEI assurant le volume de DECI requis.
2.1.1. Risque courant faible#
Risques courants · Volume de DECI en m3 · Disponibilité en heure · Faible 30 1*
- Immédiatement disponible ou sur 1 heure
Distance maximale du PEI en m 400
Nombre de ressource
1
2.1.2. Risque courant ordinaire#
Risques courants Ordinaire
Volume de DECI en m3
60
Disponibilité en heure 2
Distance maximale du PEI en m 400
S.D.I.S. 19#
Règlement de Défense Extérieure Contre l’Incendie
Nombre de ressource
1 ou 2
2.1.3. Risque courant important#
Risques Volume de DECI Disponibilité Distance maximale courants
en m3 en heure du PEI en m · Important 120 2 200 (1) · (1)
400 mètres pour les PEI de types point d’aspiration ou citerne#
2.1.4. Habitations classées de 3ème et 4ème famille et IGH#
Nombre de ressource
1 ou 2
Risque courant important
3ème famille A 3ème famille B 4ème famille
Volume de DECI en m3 120 120 120 120
Disponibilité en heure 2 2 2 2
Distance maximale du PEI en mètres
200 60 60 60
Nombre de ressource possible
1 ou 2 1 ou 2 1 ou 2 1 ou 2#
2.1.5. Les ERP#
Référence surface
N p rsh svw#
XY
Jou r L(1) M s t ps#
Distance
ERP équipés d’une EAE
maximale(2) du PEI
en mètres
Nombre de ressource possible
Volume de DECI disponible en 2 heures en m3 * exception faite des 30 m3 en 1 heure
≤ 250 30* 60 60 30* 200 1 · ≤ 500 60 90 90 60 200 1 · ≤ 1 000 120 120 180 120 200 1 ou 2 · ≤ 2 000 180 180 240 120 200 1 ou 2 · ≤ 3 000 240 240 300 180 200 1 ou 2 · ≤ 4 000 300 300 360 180 200 2 ou 3 · ≤ 5 000 360 360 420 240 200 2 ou 3 · ≤ 6 000 420 420 480 240 200 3 ou 4 · ≤ 7 000 480 480 540 300 200 3 ou 4 · ≤ 8 000 540 540 600 300 200 3, 4 ou 5 · > 9 000 60/1000 m² 60/2000 · Étude au cas par
DECI/120#
m²
cas
(1) Type L dédié aux spectacles avec décors
(2) Distance réduite à 60 mètres si équipement de colonnes sèches
2.1.6. Autres constructions#
2.1.6.1. Bâtiments agricoles#
Surface de référence
≤750 m² ≤1 500 m² ≤2 500 m²
>2 500 m²
Volume d’eau disponible sur deux heures
60 m3
120 m3
180 m3
60 m3 supplémentaires/1000 m²#
Nombre de ressources possible
1 1 ou 2 2 ou 3 Multiple de 120#
S.D.I.S. 19#
2.1.6.2. Zone d’activités#
Le volume disponible en deux heures de la DECI est arrêté par le tableau suivant :
Surface de la zone en hectare (S) S<4
Volume de DECI en m3 (1) (2)
120
Observation Le volume s’entend par le nombre de
4≤S<9 9 ≤ s < 18 18 ≤ s < 22#
> 22 240 · PEI implanté à une distance de 400 360 m (3) entre ceux-ci. · La configuration de la zone peut
480 définir un nombre de PEI supérieur#
600
au volume d’eau prescrit.
(1) Le volume de DECI est celui mobilisable par les moyens sapeurs-pompiers. (2) Le volume fourni par les hydrants est comptabilisé uniquement sur la capacité du réseau d’eau en simultané. (3) Cette distance est portée à 800 mètres pour les réserves et point d’aspiration.
Les PI de DN 150 mm sont à privilégier dans les zones d’activités où la capacité du réseau d’eau est suffisante pour alimenter ces matériels.
Il existe deux types de voies : les voies engins ou échelles, dont les caractéristiques techniques sont appliquées pour les ERP, certain types d’habitation collective, les IGH et d’ICPE.
Ces caractéristiques techniques sont définies en annexe 2 du présent règlement.
2.3. Cohérence d’ensemble, approche globale#
Le volume de DECI prescrit doit être en adéquation avec la capacité opérationnelle du SDIS 19.
La capacité est déterminée par la montée en puissance prévisible et possible des moyens de lutte contre l’incendie et doit être cohérente avec les moyens nécessaires pour limiter la propagation d’un incendie, sa maîtrise, tout en assurant la sécurité des personnes et des intervenants.
Cette réflexion conduit à dimensionner les volumes d’eau pouvant être mis en œuvre, en cohérence avec le potentiel humain et matériel, mobilisable.
Approche opérationnelle :
36 centres d’incendie et de secours assurent le maillage territorial et la couverture opérationnelle du département.
Pour un lieu donné, la mobilisation de 5 engins incendie correspond à la montée en puissance des moyens susceptibles d’être mis en œuvre par le SDIS compte tenu des délais d’intervention et de la cinétique de développement d’un incendie.
Un engin incendie est armé réglementairement pour un feu de bâtiment de 4 à 6 hommes. Cet équipage est en mesure de mettre en œuvre 2 lances à eau incendie équivalente à un débit de 1000 l/min ou 60 m3/h.
La réponse opérationnelle est quantifiée comme suit : 5 engins incendie disposant d’un potentiel hydraulique de cinq fois 60 m3/h et ce pendant deux heures.
Le volume d’eau correspondant à la mise en œuvre opérationnelle en deux heures est donc de 600 m3 d’eau.
Au regard de cette approche, le SDIS 19 fait le choix de prescrire un volume de DECI maximal de 600 m3 d’eau disponible en 2 heures.
En effet au-delà de ce volume d’eau, il est nécessaire de mettre en œuvre soit des moyens constructifs pour réduire les surfaces de références, soit d’équiper de moyens d’extinction automatique le ou les bâtiments.
Dans le cas contraire le SDIS 19 émettra un avis défavorable au projet en raison de l’impossibilité d’apporter une réponse opérationnelle en adéquation au risque présenté.
Toutefois, le porteur de projet peut démontrer que l’aléa produit n’entraîne ni la ruine en chaîne de la structure du bâtiment, ni l'effondrement de la structure vers l'extérieur de la surface en feu et n’a aucun effet domino vers un tiers. Cette démonstration, réalisée par un organisme agréé, doit être validée par une étude d’ingénierie de sécurité incendie pour toute instruction de dossier.
3. Ressources en eau - points d’eau incendie#
Les besoins en eau définis par la DECI en fonction du type de risque peuvent être satisfaits par :
- un réseau de distribution, d’eau potable, d’eau brute ou d’irrigation ; - des points d’aspiration sur les ressources naturelles, rivières, étangs, retenues, etc. ; - des réserves artificielles.
S.D.I.S. 19#
L’ensemble des aménagements réalisés, construits, posés, sont dénommés Points d’Eau Incendie (PEI).
L’ensemble des PEI du département sont inscrits dans le registre départemental des PEI.
3.1. Le registre départemental des PEI#
Le registre départemental des PEI constitue la base de données de référence. Il recense tous les PEI publics ou privés du département, y compris ceux des ICPE qui ne relèvent pas du RDDECI. Ce registre est tenu et mis à jour par le SDIS.
Il mentionne : - les caractéristiques des PEI : chaque PEI est caractérisé par sa nature, sa localisation, sa capacité et la capacité de la ressource qui l’alimente, il est doté d’un numéro départemental d’identification ; - les résultats des contrôles et des reconnaissances opérationnelles.
Il prend en compte : - la création ou la suppression des PEI ; - la modification des caractéristiques des PEI ; - l’indisponibilité temporaire des PEI et leur remise en service.
Sous réserve de l’échange d’informations avec les communes ou les EPCI.
3.2. Les poteaux d’incendie (PI) et le bouches d’incendie (BI) raccordés sur un réseau de distribution#
Les réseaux de distribution présentent l’avantage de pouvoir multiplier la pose de PI ou BI. Trois types de réseaux sont présents, gravitaire, alimenté par une station de pompage, ou d’adduction d’eau potable.
Il est primordial de préciser les points techniques suivants :
- gravitaire - la capacité de la réserve incendie du réservoir doit disposer au moins d’un volume équivalent à un hydrant, de DN 80, 100 ou 150 mm, soit 60, 120 ou 240 m3. Le débit de réalimentation du réservoir est pris en compte dans le calcul du volume disponible.
- alimenté par une station de pompage - même contrainte hydraulique de disposer de la capacité d’alimenter un hydrant de DN 80 ou 100 voire 150 mm pendant deux heures. Le SDIS 19 s’assurera que le système est sécurisé soit par des secours hydrauliques et énergétiques, soit par un système d’astreinte et de télésurveillance permettant de contacter une personne référente en cas de dysfonctionnement.
- d’adduction en eau potable - Les réseaux d’eau potable ne sont pas destinés spécifiquement à la DECI.
Toutefois dans la mesure où ceux-ci peuvent alimenter des hydrants, cette solution reste la moins coûteuse. L’aspect sanitaire est un sujet incontournable, la vitesse d’écoulement et les temps de séjour de l’eau dans les canalisations sont également à prendre en compte.
Les appareils de régulations, vanne de survitesse, réducteur de pression et autre doivent prendre en compte les hydrants connectés en aval.
S.D.I.S. 19#
Un hydrant normé répond à des caractéristiques hydrauliques précises.
3.3. PI / BI normés (Annexe 5)#
DN (1)en mm · Poteau incendie 80 100 · Débit normalisé en 30 60 m3/h · Pression normée en 1 1 régime d’écoulement en bar · DN canalisation 80 100 d’alimentation en mm · PN (2) en bar PFA (3) en bar 16 16 16 16 · Bouche incendie 150 80 100 120 30 60 1 1 1 150 80 100 16 16 16 16 16 16
(1) Diamètre Nominal - (2) Pression Nominal – (3) Pression de fonctionnement admissible
La pression minimale normée en régime d’écoulement est de 1 bar.
Les mesures hydrauliques réalisées lors de la réception et des contrôles périodiques dépendent de la hauteur d’eau dans les réservoirs d’eau potable mais également des consommations en amont et en aval au moment de la mesure.
Ces variations peuvent modifier cette pression dynamique.
Le SDIS 19, de part ces facteurs, accepte une valeur de pression dynamique de 0,6 bar.
De la même manière, ces facteurs influent sur les débits à l’instant donné. Il est donc accepté une variation de moins 5 % du débit normé pour déclarer conforme un hydrant, soit respectivement 28.5, 57 et 114 m3/h pour les hydrants de DN 80, 100 et 150mm.
Les hydrants de DN 65, ne répondant plus aux normes actuels, mais existant, qui répondent aux caractéristiques normatives de débit et de pression sont considérés comme conformes par le SDIS.
Cas particulier :
Il est admis que les PI et/ou BI peuvent être retenus pour la DECI même s’ils ne répondent pas strictement à leurs normes respectives. Cette situation est valable dans les cas suivants : - pour le risque courant faible, débit inférieur à 60 m3/h mais supérieur à 30 m3/h pour les PI de DN 100 mm, - pour le risque courant ordinaire et important, débit inférieur à 120 m3/h mais supérieur à 60 m3/h pour les PI de DN 150 mm.
Les appareils tels que, les bouches de lavage, d’arrosage et les bornes de puisage, ne peuvent être retenus comme point d’eau incendie, les DN ne sont pas en capacité de fournir le débit minimal requis.
S.D.I.S. 19#
3.4. Les points d’eau incendie naturels#
Sont appelés PEI naturels les rivières, les plans d’eau naturels ou artificiels, qui disposent d’une aire de stationnement signalée, d’un accès carrossable permanent aménagé d’un retournement si besoin et éventuellement d’une canne d’aspiration ou équipement similaire.
Un plan d’eau naturel ou artificiel doit disposer d’un volume d’eau utile à minima de 30, 60, ou 120 m3 en fonction du type de risque à défendre.
Pour ce qui est des rivières, celles-ci sont contraintes par leur débit minimum. Le QMNA5, (débit d’étiage n’ayant pas la probabilité de se produire plus d’une fois tous les cinq ans) est une valeur réglementaire de référence.
Une rivière peut être aménagée à la condition que le débit de pompage de 8l/s ou 17l/s nécessaire soit inférieur à 50 % du QMNA5 (1) au niveau du point de prélèvement. L’aménagement ne doit en aucun cas créer un obstacle à la continuité écologique du cours d’eau.
Le QMNA5 est la valeur statistique la plus facile à déterminer pour les bureaux d’études
(1)Nota: La valeur arbitraire de 50 % du QMNA5 est proche du VCN3 (10 ans) (dépassé pendant 10 jours consécutifs sur 3 stations sur les 9 suivies dans le cadre de l’arrêté sécheresse cette année)
3.5. PEI artificiels ou réserves#
Les réserves d’eau ou citernes sont des éléments construits, mettant à disposition un volume d’eau utile.
Comme les PEI naturels, les réserves disposent d’un aménagement spécifique.
Les éléments sont des citernes, bassins, lavoirs et autres types de réservoirs. Ils peuvent être enterrés, hors-sol ou à ciel ouvert.
3.5.1. Cas particulier des piscines#
Il faut distinguer les piscines publiques des piscines privées.
Une piscine privée, dans l’emprise d’une propriété, ne peut être retenue comme un PEI pour assurer la couverture d’un ensemble de construction.
La pérennité, l’aménagement, l’accessibilité de l’ouvrage et sa conception sont autant de points techniques insolubles.
Les responsabilités entre le maire de la commune et le propriétaire sont équivoques et les coûts de fonctionnement à la charge du propriétaire.
Néanmoins, dans le cadre d’une habitation isolée si le propriétaire dispose d’une piscine privée, dont le volume utile répond au risque à défendre. Le SDIS peut référencer cet ouvrage comme un aménagement de DECI dédiée uniquement à l’habitation concernée, sous réserve d’une information du propriétaire, par le maire territorialement compétent,
Les piscines publiques, peuvent être aménagées de façon à pouvoir fournir le volume utile nécessaire à la DECI de proximité, tout en respectant les règles sanitaires inhérentes aux piscines.
S.D.I.S. 19#
3.6. Mutualisation des ressources en eau#
Dans le cadre d’un projet de DECI, il est possible de mutualiser les ressources afin de pouvoir assurer le volume d’eau disponible.
Pour exemple, un réseau de distribution d’eau peut réalimenter une réserve dont le volume utile est réduit de deux fois le débit horaire de ce même réseau.
3.7. Tableau récapitulatif des PEI#
Type PEI
PI DN 80 PI DN 100 PI DN 150 BI DN 80 BI DN 100 PEI naturel / plan d’eau PEI naturel / rivière Réserve
Volume conforme en
m3 30 120 240 30 120
30 à n fois 60#
30 à n fois 60#
30 à n fois 60#
Débit horaire en
m3/h 30 60 120 30 60
30 ou 60 et plus SO#
Aménagement Signalisation · Spécificité · Conforme à la norme · Plaque signalétique · F non F < 3 mètres · Plateforme d’aspiration · F oui · F non · Rapport · F Conforme · F Non conforme · Fonctionnalité surface/volume (32 m²/120 m3)